Plan national de développement des énergies renouvelables : des objectifs ambitieux, mais…

Klilya Beldaf   L’Algérie s’engage résolument sur la voie de la transition énergétique et fait le pari du renouvelable. L’objectif est ambitieux : réduire les émissions de CO2 de 7 à 22% en 2030. Notre pays compte, pour cela, sur un plan national de reboisement ainsi que la réduction de 1% des émissions de gaz torchés, et sur plusieurs éléments de transition basés sur la transformation du modèle actuel de consommation, en opérant, à terme, une révolution dans le bâtiment et le transport notamment, avec pour objectif de réduire la consommation global d’énergie de 9% , et réaliser ainsi une économie de pas moins de 42 milliards de dollars d’ici à 2030. L’essence même du plan national de transition énergétique est le développement des énergies renouvelables. L’objectif est d’intégrer 27 % d’électricité renouvelable dans le mix énergétique nationale. Le secteur de l’énergie compte, ainsi, installer à l’horizon 2030, pas moins de 22.000 Mégawatts de capacité de génération d’électricité issue du renouvelable, destinés à la consommation interne, en plus de 10.000 MW de capacité d’électricité issue du renouvelable destinés à l’export. Des objectifs qui permettront à notre pays de faire une économie de près 300 milliards de m3 de gaz entre 2021 et 2030 et qui seront dégagés à l’export. Au-delà de l’effet de cette politique sur les émissions de gaz à effet de serre, elle permettra de dégager des excédents d’hydrocarbures à l’export et par conséquent assureront des revenus en devises qui seront versées au financement de l’économie nationale. Pour cela, l’Algérie compte sur un potentiel important en ressources d’énergies renouvelables. En effet, notre pays bénéficie de l’un des taux d’ensoleillement les plus importants du continent africain. Selon les chiffres du Centre de développement des énergies renouvelables (CDER), l’Algérie reçoit près de 3.000 heures d’ensoleillement par an, ce qui équivaut à une irradiation variant de 4 à 7 kwh par jour et par mètre carré. Elle dispose aussi d’un potentiel éolien à 37 térawattheures par an. Les capacités de notre pays ne s’arrêtent pas aux seuls solaires et éolien. Les ressources géothermiques sont avérées avec les 240 stations thermales disséminées sur le territoire national. Il ne faut pas oublier le gisement en bioénergie pour peu que ce potentiel soit exploité. Selon le CDER, notre pays pourrait gagner plus de 2.000 gigawatts grâce au traitement des déchets urbains et des eaux usées, auxquels, il faudrait ajouter plus de 1.700 gigawatts grâce au traitement des déchets des filières industrielles, agricoles et agroalimentaires. Ce qui a fait dire à M. Gilles Bonafi, expert du Comité Intergouvernemental des Experts de l’ONU, que l’Algérie pourrait devenir le 1er producteur mondial d’électricité à base d’énergie solaire desservant l’Europe et l’Afrique. Celui-ci a indiqué, au cours d’une rencontre internationale sur la transition énergétique organisée à Alger, que l’Algérie est déjà le premier producteur africain de gaz naturel, combustible qui rejette le moins de CO2, le futur énergétique algérien serait d’associer le soleil et le gaz afin de produire de l’électricité. Le potentiel est là. Encore faut-il l’exploiter. Dans ce contexte, le ministre de l’Energie, M. Noureddine Bouterfa a récemment estimé que « la compétitivité d’une économie verte, résultat du programme national des énergies renouvelables et celui de l’efficacité énergétique, sera la seule garantie d’une croissance équilibrée et durable qui permettra d’améliorer l’allocation de nos ressources et la réalisation des objectifs assignés ». Le ministre a mis en avant les engagements de l’Algérie en la matière et les objectifs assignés au plan national de développement des énergies renouvelables. Ce plan nécessite des investissements de 120 milliards de dollars. Le plan national de transition énergétique permettra la création de pas moins de 180.000 emplois. Ainsi, il prévoit l’isolation thermique de 100.000 logements par an, la conversion au GPL/C de plus d’un million de véhicules et de 20.000 autobus. Cependant, la mise en œuvre de ce programme met l’Algérie face à un challenge. Celui du transfert de savoir-faire, afin d’accompagner cette transition énergétique et le passage au renouvelable par une intégration industrielle sur toute la chaîne de valeur, mais aussi en terme de financement. Une problématique qui a, largement, été évoqué lors des travaux du 15e Forum international de l’énergie, à la fin du mois de septembre à Alger. Celle-ci a également été évoquée lors de l’entretien de la ministre française de l’Environnement de l’Energie et de la Mer, et présidente de la Cop 21, Mme Ségolène Royale, avec le Premier-Ministre, M. Abdelmalek Sellal, en marge de l’IEF 15. Mme Royale a, d’ailleurs, salué l’engagement de l’Algérie en la matière et a indiqué à la presse que la ratification, par l’Algérie, de l’accord de Paris sur le climat était en bonne voie.la ministre a aussi mis en avant « l’effet d’entraînement sur l’Afrique que peut jouer l’Algérie par rapport aux enjeux climatiques.» Notons enfin, le conseiller de Mme Royale, M. Jean Louis Bianco nous a confié en marge de l’IEF 15 qu’il existait plusieurs segments en Algérie qui offrent des opportunités de partenariat, comme les énergies renouvelables et l’industrie du recyclage, pour ne citer que ceux là. Celui-ci a également estimé que les entreprises françaises pourraient être intéressées par ces secteurs. K.B.

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