Planche à billet : l’ex-ministre des Finances parle de « la dernière cartouche » du gouvernement

Le recours du gouvernement à la planche à billet peine à convaincre les économistes, même parmi ceux ayant fait partie du gouvernement. Invité mercredi à s’exprimer sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale,  M. Abderrahmane Benkhalfa, ex-ministre des Finances (mai 2016-juin 2016), affiche une certaine appréhension concernant le recours aux financements non conventionnels qu’il qualifie d’ailleurs de « dernière cartouche », entre les mains du gouvernement. Celui-ci dit ne pas partager la focalisation sur ce type de financements, dans la mesure où  les problèmes financiers du pays sont le fruit de la structure même de son économie « en décalage avec les perspectives du pays».  C’est cela même, explique-t-il qui oblige le gouvernement aujourd’hui à utiliser « sa dernière cartouche », à savoir le recours au financement non conventionnel. L’économiste que ce type de financement représente l’exception et que le programme du gouvernement table sur la mise en place de réformes structurelles et de la poursuite de la démarche d’efficience budgétaire. Il émet cependant un bémol : il conditionne la pertinence du recours à ce type de financement par la mise en place  de « « garde-fous pour éviter que celui-ci ne porte atteinte à la valeur du dinar ou au pouvoir d’achat des Algériens ». Il explique aussi, qu’il faudra se pencher sur les dossiers les plus sensible. Ainsi et a contrario de ce qui été énuméré dans le plan d’action du gouvernement M. Benkhalfa préconise d’ouvrir le dossier de la révision du système des subventions généralisées, celui de la réforme bancaire et de l’investissement direct, le partenariat public-privé ainsi que  l’ouverture du capital des entreprises et des banques publiques. Il propose même de revoir le principe de la règle 51/49, pour la rendre plus flexible. L’ordonnance de l’ex-ministre des finances, remercié au bout d’une année de « bons et loyaux »services compte aussi la bancarisation de l’économie afin d’assécher les fonds de l’informel, de mobilier  les financements extérieurs, en évitant l’endettement étranger et de poursuivre l’émission d’emprunts obligataires nationaux, déroulant ainsi la feuille de route qu’il n’a pas réussi à concrétiser au cours de son mandat.

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