Planche à billets : l’opération lancée !

  Aussitôt dit, aussitôt fait. Le recours aux prêts de la Banque d’Algérie pour le financement du  Trésor public est de nouveau possible et ce depuis jeudi.  La loi n° 17-10 du au 11 octobre 2017 complétant l’ordonnance n° 03-11 relative à la monnaie et au crédit a été publié jeudi 12 octobre sur le numéro 57 du journal officiel. Il est vrai que la publication de ce texte était un préalable incontournable avant tout nouveau recours à la planche à billets interdit depuis les réformes des années 90. Le texte est  passé par toutes les étapes de validation en un temps record. Trente-six jours se sont en effet, écoulés entre l’adoption de la nouvelle loi en conseil des ministres le septembre dernier et sa publication sur le journal officiel le 12 octobre. Serait-ce le reflet de l’efficience de de l’action gouvernementale, lorsque la volonté politique fait le lit de la machine à mettre en marche, ou le symptôme  d’un empressement motivé par l’urgence  et la gravité des difficultés financières auxquelles fait face le Trésor public. En tout état de cause, le Premier ministre a affirmé lors de son passage à l’Assemblée il y’a quelques jours que le recours aux  financements non conventionnels n’était pas une option mais une nécessité pour éviter une dérive « infernale », avant d’ajouter que le Trésor n’avait pas au mois d’août de quoi payer les salaires du mois de novembre. Il est utile de rappeler dans ce sens que le nouveau texte introduit un article 45 bis à la loi sur la monnaie et le crédit de 2003. Cet article stipule que « la Banque d’Algérie procède, dès l’entrée en vigueur de la présente disposition, à titre exceptionnel et durant une période de cinq années, à l’achat directement auprès du Trésor, de titres émis par celui-ci, à l’effet de participer, notamment à la couverture des besoins de financement du Trésor ; au financement de la dette publique interne ; au financement du Fonds National d’Investissement (FNI) ».  le texte précise que « ce dispositif est mis en œuvre pour accompagner la réalisation d’un programme de réformes structurelles économiques et budgétaires devant aboutir, au plus tard, à l’issue de la période susvisée, notamment, au rétablissement des équilibres de la trésorerie de l’Etat ; de l’équilibre de la balance des paiements. Un mécanisme de suivi de la mise en œuvre de cette disposition, par le Trésor et la Banque d’Algérie, est défini par voie réglementaire ». Cependant et malgré les garanties mises en avant par les pouvoirs publics, le recours à la planche à billets continue à susciter les craintes quant à des dérives inflationnistes et une perte massive du pouvoir d’achat du dinar.  

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