Pluie de missiles occidentaux sur la Syrie : Damas dénonce une « agression barbare et brutale »

  La Syrie a dénoncé samedi une « agression barbare et brutale » des Occidentaux, après les frappes menées peu avant l'aube par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne contre des bases militaires, a rapporté l'agence officielle Sana. Ces frappes visent à « entraver » une mission de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), qui devait entamer samedi son enquête à Douma sur une attaque chimique présumée, selon Sana. « L’agression (...) a pour principal objectif d'entraver le travail de l'équipe, devancer ses conclusions, et faire pression sur la mission dans une tentative visant à dissimuler les mensonges et les fabrications », des Occidentaux, selon Sana. L'attaque chimique présumée à Douma, dernier bastion rebelle aux portes de la capitale, a fait plus de 40 morts, selon des secouristes. Plus de 100 missiles tirés sur la Syrie, « un nombre significatif » d'entre eux interceptés De son côté, le ministère russe de la Défense a affirmé que les Etats-Unis et leurs alliés ont tiré plus de 100 missiles sur la Syrie, et « un nombre significatif » d'entre eux ont été interceptés par les forces syriennes. « Plus de 100 missiles de croisière et missiles air-surface ont été tirés par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France depuis la mer et l'air sur des objectifs syriens militaires et civils », a indiqué le ministère dans un communiqué cité par l'agence de presse officielle RIA Novosti. « Un nombre significatif » de ces missiles ont été abattus par la défense aérienne syrienne, a ajouté le ministère russe. Les installations russes de défense aérienne stationnées en Syrie n'ont pas été utilisées, a ajouté le ministère. Aucun des missiles occidentaux n'a touché les zones couvertes par les défenses aériennes de la Russie autour de ses bases de Tartous et de Hmeimim en Syrie, selon la même source.
Manifestations dans les rues de Damas
 
Plusieurs dizaines de personnes se sont retrouvées sur l'emblématique place de Damas, ralliée à pied, à vélo ou dans des voitures décorées aux couleurs rouge, noire et blanche du drapeau syrien. Autour de la fontaine monumentale qui orne la place, un petit embouteillage s'est même créé. Souriants, certains font le V de la victoire, agitent des drapeaux syriens, prennent des selfies devant la statue géante du Sabre damascène, ou dansent et chantent sur la chaussée au son d'airs de musique à la gloire du président Bachar al-Assad. "Dieu te protège, Damas !", entend-on. "Trump pensait que nous serions à l'abri des bombes, mais nous sommes sur la place des Omeyyades", lance Amina al-Fares, 58 ans, toute de noir vêtue après avoir perdu au combat son fils et des neveux. "Tous pour Bachar al-Assad!". Les frappes occidentales sont pour eux le signe de la victoire du régime, qui a notamment repris le bastion rebelle de la Ghouta orientale, situé aux portes de la capitale. "On a gagné. C'est fini. On a battu le terrorisme. C'est la dernière frappe qu'ils mèneront", assure Yaman Qiblawi, 59 ans. "Qu'ils (les Occidentaux) fassent ce qu'ils veulent, qu'ils tuent qui ils veulent", affirme Nedher Hammoud: "L'histoire retiendra que la Syrie a abattu des missiles, mais pas seulement. Elle a abattu l'arrogance américaine."
 
La Russie convoque une réunion d'urgence du Conseil de sécurité 
Le ministère russe a indiqué que les missiles avaient été tirés depuis des navires américains en mer Rouge, par des avions volant au-dessus de la Méditerranée et par des bombardiers stratégiques américains venus de la base aérienne d'Al-Tanf, dans le sud-est de la Syrie. La Russie a aussitôt annoncé la convocation d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU après cette agression. « La Russie convoque une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU pour évoquer les actions agressives des Etats-Unis et de leurs alliés », a indiqué le Kremlin dans un communiqué. L'intervention militaire occidentale contre la Syrie n'a pas été autorisée par le Conseil de sécurité de l'ONU. Pour sa part, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a exhorté tous les États membres à faire preuve de retenue et à s'abstenir de tout acte qui pourrait conduire à une escalade.    

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