Présidentielle 2019 : Makri pour un candidat du consensus

Abderrezak Makri s’est dit, samedi lors d’une conférence de presse au siège de son parti, le MSP, prêt à « renoncer à toutes ses ambitions personnelles et politiques au service du pays ». Il appelle « à la proposition d'un candidat consensuel ». L’allusion faite à l’Armée est évidente. D’aucuns seraient parvenus à décrypter le message et auraient compris que cet appel du pied est bien destiné aux locataires des Tagarins, invités à prendre les choses en main. Cette volte-face propre au mouvement de cheikh Nahnah qui s’est toujours illustré par la chose et son contraire n’étonne pas. Ce qui déroute le plus les observateurs de la scène politique ce sont les rétractions de Makri qui, en prenant les rênes du parti, avait signifié son divorce avec le pouvoir rejetant ainsi le « participationnisme » inconditionnel de son parti. Le docteur Makri qui n’a jamais caché ses prétentions de briguer la présidence de la République semble subitement renoncer à ce rêve que caressent les islamistes. Que s’est-il donc passé pour que ce leader politique aux ambitions  présidentielles, connu pour sa farouche opposition au pouvoir se rebiffe et en appelle aux militaires ? Et puis on n’appelle pas l’armée à prendre le pouvoir dans une démocratie. Le MSP revendique depuis 2015 le passage « à l’État des institutions, de la séparation des pouvoirs, des libertés et à un État civil » d’où sa participation, entre autre, à la Coordination pour les libertés et la transition démocratique (CLTD) qui n’a cessé d’exiger l’installation d’une commission indépendante de gestion des élections. Le MSP agirait-il par simple patriotisme, mettant ainsi la supra-objectivité au dessus de toutes autres considérations et velléités politiques ou serait-il au parfum de certains projets concernant le futur président issu du fameux consensus ? Makri ne semble pas tout dire et doit en savoir des choses à ce propos. Un homme avisé comme lui ne s’aventurerait pas à opter pour un tel choix qui risquerait d’être « le plus mauvais », cette fois-ci encore, en rapport à ceux choisis auparavant car « des moins mauvais » si d’avance il n’avait des assurances, ou du moins des indices.

Une pensée sur “Présidentielle 2019 : Makri pour un candidat du consensus

  • 15 juillet 2018 à 9 h 25 min
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    Dans l’état actuel des choses le seul salut pour la société sera de surpasser la question se rapportant à tel ou tel candidat consensuel ou pas …le seul chantier qui peut ouvrir la voie du changement sera de « libérer » la justice de la tutelle politique « d’autonomiser » les institutions et de séparer les pouvoirs! c’est cet environnement là qui permet encore la domination et la subordination de la société ! cette « mutation » dont la revendication politique demeure la seule en mesure d’ émanciper l’élite et les partis et de sortir des archaïsmes qui mènent le pays vers la ruine………

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