Présidentielles 2019 : Chakib Khelil ballon de sonde ou candidat potentiel

Après un retour des plus tonitruants au pays sous les caméras et la transe des adeptes des zaouïas, l’ancien ministre de l’Energie, Chakib Khelil, réhabilité, se positionne en alternative à la sortie de crise. On peut lire sur son site ainsi que sur sa page Facebook, gérés par son neveu Djamel Eddine Khelil, son programme de « sortie de la dépendance des hydrocarbures ». Un programme basé sur l’économie, digne d’un postulant à la magistrature suprême, en ces temps d’incertitude. Khelil serait-il candidat ? Pas si sûr, tant l’homme n’a pas encore « reçu » le consensuel accord lui permettant de s’envoler à l’assaut du Palais d’El Mouradia. Pour cela, il tente de surfer sur le passé révolutionnaire de son père, le moudjahid Mohamed Khelil histoire de s’attirer la sympathie des organisations révolutionnaires ; sur la religion en s’adoubant aux zaouïas dont la position reste ambiguë puisque soutenant un 5e mandat de Abdelaziz Bouteflika allant jusqu’à déclarer que « voter autre que lui est haram » et semble enfin jouir du soutien du RND dont le patron, Ahmed Ouyahia estime que Khelil était victime d’une «une terrible injustice». Autant de points marqués par l’ancien patron de la Sonatrach à qui il manquerait à peine le feu vert de l’Armée, bien que celle-ci se soit déclarée en « dehors du champ politique ». Le FLN soumis à la personne du Président ne risque pas de faire de vagues et donnera son aval pour soutenir la candidature de Chakib Khelil si cela vient à lui etre intimée. Cependant, tout ne semble pas joué, puisque une candidature de Khelil risque de buter sur les conditions imposées par la Constitution de 2016 qui exige dans son article 87-32 que « Pour être éligible à la Présidence de la République, le candidat doit : - ne pas avoir acquis une nationalité étrangère ; - jouir uniquement de la nationalité algérienne d'origine et attester de la nationalité algérienne d'origine du père et de la mère ; - attester de la nationalité algérienne d'origine unique du conjoint ; justifier d'une résidence permanente exclusive en Algérie durant un minimum de dix années précédant le dépôt de la candidature ; justifier de la participation à la Révolution du 1er novembre 1954 pour les candidats nés avant juillet 1942 » or, Chakib Khelil à moins d’y avoir renoncé, est détenteur de la double nationalité algéro-américaine. Il est marié au Dr Najat Arafat, qui selon Wikipédia, serait « une palestinienne naturalisée américaine » en plus de ses accointances avec le lobby féminin juif. Mme Khelil est cofondatrice du projet de Dialogue des femmes palestiniennes et juives américaines. Un autre élément risque de jouer en défaveur de l’ancien ministre. Il s’agit de sa présence durant les dix dernières années en Algérie d’où il était absent, mais surtout sa non-participation à la révolution pour ce natif d’Oujda, au Maroc, de 1939. A moins de faire un nouveau pied de nez à la Constitution et faire fi de tous les protocoles et conditions, autant de verrous à faire sauter pour donner un profil présidentiable à ce prétendant.

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