Présidentielles 2019 : les sirènes du consensus

Entre l’incessant appel du FFS à une Constituante émis en 2014, la pétition nationale, lancée en mars dernier, par Louisa Hanoune en vue de collecter 1,5 million signatures pour l’institution d’une Assemblée constituante et le récent appel du parti du défunt Cheikh Nahnah pour un consensus national, il y a comme une course à qui mieux mieux fera passer son projet. Si à une différence près. Le MSP « invite » l’Armée à assurer une transition, les deux autres formations politiques donnent l’air d’être du même port mais pas du même bord : Oui pour une transition, mais civile. Tout mais pas l’institution militaire, affichent-ils.  Une situation ironique qui suscite  pleins d’interrogations. Qu’est ce qui empêche les partisans d’une Constituante d’accorder leurs violons et œuvrer dans le même sens ? Si Madame Hanoun a préféré faire cavalier seul en allant vers le peuple via sa pétition, le FFS et le MSP  ont tous les deux opté pour le porte-à-porte, invitant les partis politiques à rejoindre leur projet.  Un charivari qui laisse supposer, à voir la brusque « réceptivité » du FLN que le projet d’un 5eme mandat semble s’éloigner. Il y a quelques semaines à peine, le FLN, flanqué de tous ses satellites, s’attelait à promouvoir l’option d’un cinquième quinquennat  présidentiel pour  l’actuel chef de l’Etat. L’idée d’une quelconque transition n’était guère à l’ordre du jour du vieux Parti unique et encore moins dans ses desseins. Un tel fléchissement serait un signe d’assentiment de la part de la vieille garde qui semble avoir abdiqué  devant les coups du sort et se voit contrainte de  s’assoir à la table des négociations. En d’autres temps, Ould Abbes n’aurait jamais admis une telle idée et n’aurait jamais reçu à cet effet un autre parti ne s’inscrivant pas dans le projet du 5eme mandat. Cela ressemblerait à un blasphème. Mais, les temps changent, les hommes aussi.  Ce « consentement » serait aussi dû à la rencontre entre Ahmed Gaid Salah et Abderrezak Makri.  Selon des indiscrétions qui font  état d’un rapprochement entre l’Armée et le Mouvement pour la société pour la paix, Makri aurait obtenu un sauf-conduit l’autorisant à aller semer la bonne parole. Cela  semble tomber sous le sens et  confirmer le quitus obtenu par ce dernier leader islamiste qui tient à rassurer que l’entreprise de sa formation ne vise pas à briguer le pouvoir mais juste  «l’impératif de parvenir à un consensus national pour la gestion de la prochaine étape et saisir l’occasion du redressement des prix des hydrocarbures sur le marché international en vue d’utiliser leurs rentes au développement global et à l’amélioration du niveau de vie des citoyens». Son appel à l’Armée à intervenir  a dérangé la classe politique qui garde des souvenirs de l’immiscions de l’institution militaire dans la vie civile. Et ce n’est surement pas les explications du président du MSP qui risquent de la rasséréner.
 

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