Produits agricoles refoulés à l’export : le non respect de la chaîne de froid en cause

  Le refoulement de dattes et de pomme de terre exportées par l'Algérie vers le Canada et la Russie est dû au non respect de la chaîne de froid par l'exportateur, a indiqué mardi à l'APS le directeur de la protection des végétaux et des contrôles techniques auprès du ministère de l’Agriculture, du développement rural et la pêche, Khaled Moumen. Précisant que les services du ministère de l’Agriculture n’ont toujours pas reçu de notification concernant ces marchandises refoulées, M. Moumen fait savoir que "selon les dernières investigations, il s’agit d’un exportateur privé qui n’a pas respecté la chaîne de froid en n'ayant pas utilisé le conteneur frigorifique. Ce qui a provoqué la multiplication de nombre d’insectes dans les dattes exportées". Quant à la quantité de la marchandise refoulée, le même responsable explique qu’il s’agit de 18 tonnes de dattes exportées vers le Canada entre septembre et octobre 2017. Selon lui, des procédures de contrôle ont été effectuées au préalable par des laboratoires nationaux qui ont démontré que les normes phytosanitaires avaient été respectées. Par ailleurs, M. Moumen souligne que depuis novembre dernier à ce jour, 36 opérations d’exportations ont été bloquées par les services algériens du contrôle phytosanitaire en raison de non respect des normes phytosanitaires. Ces opérations ont porté sur des produits maraîchers (pomme de terre, tomates, poivrons...). S’agissant des exportations des produits maraîchers et dattes réalisées par l'Algérie depuis janvier 2018, il a précisé que pour la datte, des quantités de 736,6 tonnes ont été exportées vers le Canada, de 1.884,98 tonnes vers la Russie et de 2.325 tonnes vers la France. L’Algérie a également exporté 560 tonnes de dattes vers l’Espagne, 500 tonnes vers l’Allemagne et 335 tonnes vers le Qatar. Pour ce qui est des produits maraîchers, 800 tonnes ont été exportées vers l’Espagne, suivie du Qatar avec 300 tonnes, de la France avec 200 tonnes et de la Russie avec 6 tonnes. Pour le même responsable, ces quantités exportées démontrent la bonne qualité des produits agricoles algériens exportés et le respect des normes internationales.
Campagne de déstabilisation ?
Pour sa part, la Chambre nationale d'agriculture a dénoncé, mardi, une "campagne de déstabilisation du monde agricole". "Une Campagne sans précédent de déstabilisation du monde agricole, notamment sa composante de producteurs, accusant à tort ces derniers d'utilisation abusive de pesticides" estime un communiqué de la Chambre nationale d'agriculture. A cet effet, "les professionnels dénoncent avec force et vigueur cette campagne, car ils estiment que le taux d'utilisation de ces produits reste de très loin inférieur à celui de leurs homologues européens", ajoute-on. La Chambre a, par ailleurs, rappelé que "les agriculteurs potentiels d'aujourd'hui, susceptibles d'exporter leurs produits, sont suffisamment instruits et maîtrisent parfaitement l’itinéraire technique de leurs productions notamment l'utilisation des pesticides et surtout leur durée de rémanence avant récolte", ajoutant qu'on assiste "à une dynamique sans précédent d'exportation d'un volume de 45 milles tonnes de différents produits agricoles durant le 1er trimestre de l’année en cours". Néanmoins, "cette regrettable campagne aux buts inavoués, nous laisse penser que notre politique de développement agricole dérange certaines parties qui voient en l’Algérie comme éternel importateur d'autant plus qu’on assiste depuis peu à l'interdiction d'importation d'une panoplie de produits agricoles (pommes, oranges, ail, raisin, olives etc...)" dénonce la Chambre. La Chambre nationale d'agriculture s'est, en outre, interrogée "pourquoi nos dattes sont exportées par des pays tiers sans qu’elles n'aient aucun rejet des pays destinataires?"  

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