Quelle est  la valeur des réserves d’or détenues par l’Algérie ?

  Professeur des universités, expert international Dr Abderrahmane MEBTOUL  
Le premier ministre Ahmed OUYAHIA  vient d’estimer en ce mois de septembre 2017 le  montant  des réserves d’or à environ six (6) milliards de dollars. Dans plusieurs contributions sur ce sujet entre  en 2009/2016   largement diffusée au niveau national et international (arabe- anglais- français)  en fonction des fluctuations du cours de l’once d’or  à la baisse je l’avais estimé à 9 milliards de dollars  fin 2008  et à sept (7)  milliards de dollars fin 2015 ( www.google.com 2009/2016)
1.-Selon le rapport (2016) du Conseil mondial de l’or (CMO), les réserves totales des 100 pays étaient estimées à 32.813 tonnes. Les États-Unis s’étaient classées en des détenteurs d’or avec à leur  actif 8.133,5 tonnes suivis de l’Allemagne avec 3.384,2 tonnes suivi du Fonds Monétaire International (FMI) avec 2.814 tonnes de réserves arrive à la 3e place de de l’Italie (2.451,8 tonnes) et la France (2.435,6 tonnes). L’Algérie occupe le 25e rang mondial et 3e des pays arabes par ses réserves d’or estimées en 2016  à 173.6 tonnes après l’Arabie Saoudite (322.9 tonnes) et le Liban (286.8 tonnes). En Afrique, l’Algérie arrive en première place devant l’Afrique du Sud (29e), la Libye (31e), le Maroc (59e) et la Tunisie (77e).  Or, dans deux contributions parues en 2009 ‘ et 2016 (voir www.gologle.fr) suite des différents rapports du CMO (2009/2016) , je notais que l’Algérie  déjà en 2009, était  classée à la 22ème place mondiale, avec le même volume de 173,6 tonnes d’or. Pour déterminer la valeur intrinsèque du lingot de 1 kilogramme d'or, il faut multiplier le prix de l'once d'or par 32,15, puis appliquer le taux de change euro/dollar. La dépréciation la valeur monétaire reconvertie en dollars  de l’or entre 2009/2015 a également fait perdre plus de 2,5 milliards de dollars de sa valeur monétaire au stock algérien d’or, que j’avais estimée, en 2009 , à 9,75 milliards de dollars.  Le 29 septembre 2017  l’once d’or est coté à 1, 287,97 dollars. Mais il faut raisonner à prix constants.. A prix courant, pour septembre  2015, pour l’Algérie cela donnait  un montant légèrement supérieur à 7 milliards de dollars et pour septembre 2015 effectivement , comme le rapporte le premier ministre, à environ 6 milliards de dollars  représentant environ 5,82% des réserves de change  estimées à 103 milliards de dollars fin juillet 2017.
2.-Où est la production additionnelle de la mine d’or d’Amesmessa ? Face à ces données récentes l’opinion algérienne a besoin d’être éclairée, sur la situation pour le moins paradoxale, du stock de réserves algériennes d’or, qui n’a pas bougé depuis 2009, alors que l’Algérie s’est lancée dans l’exploitation d’un gisement d’or à Amessmessa et annoncé une production importante. En principe, les stocks d’or auraient dû augmenter suite au lancement de la production dans les gisements aurifères du sud du pays. Il serait souhaitable que le gouverneur de la banque d’Algérie de nous éclairer sur cette situation paradoxale à moins que l’exploitation de la mine d’or au Sud du pays n’ait rien produit contredisant donc les déclarations des différents ministres de l’énergie qui se sont succédés de 2009 à 2015 qui avaient annoncé officiellement devant les caméras de la télévision algérienne officielle et à l’APS une production importante. Le 30 janvier 2010 dans une déclaration à l’APS le directeur général de l'entreprise d'exploitation des mines d'or (ENOR) avait déclaré officiellement je le cite « Le gisement d'Amessmessa, situé à 460 km à l'Ouest de Tamanrasset, va bénéficier d'un plan de développement avec pour objectif de hausser graduellement sa production aurifère à trois tonnes d'or annuellement…. s'agissant des exportations de l'entreprise entre 2009/2010, elles ont été de l'ordre de 848,49 kg d'or, tandis que le marché local a consommé seulement 208,78 kg d'or». La question qui se pose donc est où est la production additionnelle de la mine d’or d’Amesmessa?
3.-Il faut éviter toute mauvaise interprétation et  l’euphorie et préciser que la monnaie est avant tout un rapport social traduisant le rapport confiance Etat/citoyens, un signe permettant les échanges ne créant pas de richesses. Autrefois, les tribus d’Australie utilisaient les barres de sel du fait de sa rareté comme moyen d’échange. Au contraire la thésaurisation et la spéculation dans les valeurs refuges comme l’or, certaines devises ou certaines matières premières est nocive à toute économie. Avoir des réserves de change en devises ou en or est ne traduit pas  forcément la richesse d’une Nation. Il existe des pays ayant peu ou pas de réserves de change détenues par les banques centrales mais connaissant un  important développement, le capital argent ayant été transformé en capital  productif. C’est une condition nécessaire mais pas suffisante pour sécuriser l’investissement et surtout pour des pays rentiers éviter un dérapage plus important de la valeur du dinar par rapport aux devises où existe une corrélation d’environ 70% entre la valeur actuelle du dinar, et ce stock de devises via la rente des hydrocarbures. Avec des réserves de change  de 20 milliards de dollars,  le dinar algérien flotterait à plus de 200 dinars un euro au cours officiel et 250/300  dinars un euro sur le marché informel. C’est loin donc  d’être une condition suffisante d’un développement durable et surtout provenant d’une rente éphémère, les hydrocarbures. Le problème central pour l’Algérie est de transformer cette richesse virtuelle en richesse réelle passant par un développement hors hydrocarbures se fondant sur l’entreprise et le savoir, le tout conditionné par une nouvelle gouvernance.

 ademmebtoul@gmail.com

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