Rapport de fin de mission du FMI en Algérie : timide critique de la planche à billets

  C’est un constat en demi-teinte que le chef de mission pour l’Algérie du FMI, M. Jean François Dauphin a fait à l’issue d’un séjour de deux semaines dans notre pays. La délégation du FMI qui entrepris des consultations au titre de l’article IV des statuts du Fonds a en effet émis des conclusions qui peuvent paraître assez conciliantes pour certains notamment en ce qui concerne les réformes, mais a cependant tenu à mettre en lumière les risques qui pèsent sur les perspectives de l’économie algérienne, notamment en ce qui concerne le ralentissement de l’activité économique. Le FMI se montre aussi timoré lorsqu’il critique le recours à billets estimant en ce qui concerne les finances publiques qu’« un assainissement soutenu mais graduel (…) est nécessaire, s’appuyant sur une stratégie de financement diversifiée qui exclut l’emprunt auprès de la banque centrale ». M.Jean François Dauphin rappelle que « pour stimuler la croissance et la création d’emplois, (les autorités) ont adopté un budget expansionniste pour 2018, dont le déficit sera financé principalement par la banque centrale, et ont renforcé les barrières à l’importation ». Et d’ajouter que le Fonds « considère que le nouveau dosage de politique économique à court terme est risqué et pourrait entraver la réalisation de ces objectifs. Les nouvelles mesures risquent d’aggraver les déséquilibres, accentuer les tensions inflationnistes et accélérer la perte de réserves de changes. En conséquence, il se peut que l’environnement économique ne devienne propice ni aux réformes, ni au développement du secteur privé. L’Institution de Bretton Woods estime néanmoins que l’Algérie a une fenêtre d’opportunité pour concilier ajustement économique et croissance, estimant que « la diversification de l’économie requiert une masse critique de réformes structurelles ». Jean François Dauphin a d’ailleurs indiqué dans ce sens que « l’Algérie reste confrontée à des défis importants, posés de la baisse des prix du pétrole il y a quatre ans. En dépit d’un ajustement budgétaire important en 2017, les déficits budgétaire et du compte courant extérieur demeurent élevés. Si les réserves restent abondantes, elles ont diminué de 17 milliards de dollars, pour atteindre 96 milliards de dollars (hors DTS). L’activité économique globale a ralenti, bien que la croissance hors du secteur des hydrocarbures soit restée stable. L’inflation a ralenti de 6,4 % en 2016 à 5,6 % en 2017 ». le Chef de mission du FMI encense les mesures prises par le gouvernement en précisant que « les autorités ont consolidé les finances publiques en 2016–2017. Elles ont œuvré à définir une stratégie de long terme pour refondre le modèle de croissance du pays, et ont pris un certain nombre de mesures pour améliorer l’environnement de l’entreprise, commencer à réformer les subventions à l’énergie, moderniser les outils de politique monétaire et autoriser l’émergence d’un marché des changes à terme ». Dauphin pense néanmoins qu’une « masse critique de réformes structurelles est nécessaire pour promouvoir l’émergence d’une économie tirée par le secteur privé et diversifiée, et réduire ainsi la dépendance au pétrole et au gaz. Il convient d’agir sans tarder sur plusieurs fronts pour simplifier la bureaucratie, améliorer l’accès au crédit, renforcer la gouvernance, la transparence et la concurrence, ouvrir davantage l’économie à l’investissement étranger, améliorer le fonctionnement du marché du travail et l’adéquation entre les emplois et les compétences, et favoriser l’emploi des femmes. Pour accroître l’efficacité de la politique économique, les autorités doivent en renforcer le cadre ».  

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