RCD : « l’implication de l’Armée n’est pas une réponse à la crise politique »

    L’activité partisane semble reprendre vie. Les formations politiques sortent, peu à peu, de leur torpeur. Le RCD, prend part, à son tour,  à cet  « éveil » et marque sa présence, en tenant hier, vendredi, sa réunion mensuelle. Un communiqué du parti énonce l’ordre du jour de cette réunion de son secrétariat national, commentant la situation qui prévaut dans le pays. Le parti que préside M.Mohcine Belabes dresse un véritable réquisitoire  à l’encontre du pouvoir. Le RCD cloue au pilori les tenants du pouvoir à travers le constat de « pourrissement induit par la politique d’un statuquo basée sur les gestions et décisions occultes, érigées en règle de gouvernance, atteint la quasi totalité des rouages de la vie publique ». Le même communiqué s’appuie sur  « les renvois brutaux de cadres et les remous qui ont suivi le limogeage du DGSN »  qui selon ses rédacteurs « renseignent sur la profondeur du mal qui ronge de nombreuses institutions livrées à une forme de privatisation clanique qui décrédibilise toute annonce émise dans un cadre institutionnel ». Le Rassemblement pour la culture et la démocratie qualifie cet état de fait par une «réalité porteuse de tous les dangers bloque de fait la vie nationale. La justice et l’administration sont devenues les premiers freins pour le fonctionnement régulier d’un Etat de droit, le développement économique transparent et la redistribution équitable des richesses produites ».  Déplorant les atteintes « aux libertés individuelles et collectives », le RCD ironise sur « la condamnation à des peines de prison de citoyens qui affichent leurs opinions ou expriment leur réprobation devant la politique du gouvernement sur les réseaux sociaux, alors que des barons de la corruption revendiquent leurs emprises sur les organes de l’Etat », déclarant que c’«est une autre facette de cette dérive».
 
Recours excessif à la planche à billets
Le parti de Mohcine Belabes critique « le recours massif à la planche à billets » en dépit du «  redressement durable des prix des hydrocarbures » qualifiant ce recours d’irresponsable car  ne pouvant  « être l’œuvre d’acteurs soucieux de l’avenir du pays ». Comme à son habitude, le RCD ne mâche pas ses mots et ne se retient pas de dire ses vérités.  Il s’attaque au clientélisme pratiqué en haut lieu en soutenant que « le rétrécissement du pouvoir d’achat pour la majorité et l’accès inconsidéré à la rente pour les clientèles demeurent la constante de cette gouvernance malgré les avertissements de nombreux acteurs et experts nationaux et étrangers ».
Présidentielles 2019
Sans se prononcer pour ou contre un 5eme mandat présidentiel, le RCD s’attaque au sujet  en ciblant « la focalisation de la communication officielle sur la reconduction ou le retrait de Bouteflika pour une nouvelle mandature a fini par contaminer la majorité des organisations et des espaces publics ». Il plaide  pour la revendication de « conditions d’une compétition régulière et transparente pour garantir l’exercice de la souveraineté du peuple, des parties se revendiquant d’un système démocratique s’égarent dans des fausses et vaines pistes pour contourner cette condition sine qua non de toute sortie de crise ».
L’implication de l’Armée
Répondant indirectement aux  promoteurs de  « l’implication directe de l’Armée dans la gestion de l’impasse actuelle », le parti fondé par le Dr Said Sadi estime que cette option « ne peut constituer une réponse crédible à la crise politique que vit le pays », ajoutant que « l’Algérie a besoin de jeter les bases d’institutions issues et contrôlées par la société dans un processus de démocratisation graduel et transparent adossé à une légitimité incontestable pour tourner la page de l’autoritarisme et du fait du prince ».  

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