Réserves de changes : une baisse de 6 milliards de dollars depuis janvier

La société d’économétrie s’invite à Alger pour trois jours.  L’Africa meeting a ouvert ses portes jeudi à l’Ecole supérieure des Banques.  Plusieurs grands noms de la communauté des sciences économiques  parmi lesquels figure Jean Tirole, Prix Nobel d’économie 2014, se penchent sur diverses questions relatives à la moralité en économie, la croissance, la dépense publique, la redistribution des ressources, l’informel, le marché de l’emploi… pour ne citer que cela. Un brainstorming inédit qui permettra aussi de se pencher sérieusement sur la conjoncture économique que traverse le pays. Le ton a d’ailleurs été donné dès l’ouverture des travaux par le gouverneur de la Banque d’Algérie, M. Mohamed Loukal. Le fait est que certains indicateurs macroéconomiques ont fortement été affectés par la baisse des cours du brut. C’est le cas des réserves de changes, qui sont passées selon le propos de M. Loukal de 114,1 milliards de dollars (mds usd) à fin décembre 2016 à 108 milliards de dollars actuellement, selon ses déclarations l’agence officielle. L’intervention du gouverneur à l’ouverture de l’Africa Meeting a aussi passé en revue les déficits induits par la chute des cours du brut  dont l’impact a été "assez significatif" et " considérable"  sur les équilibres macro-économiques de l'Algérie. Il a évoqué les déficits budgétaires qui ont atteint 15,3% du PIB en 2015 et 13,7% en 2016. M. Loukal a également rappelé les déficits de la balance des paiements lesquels se sont traduits par une contraction de 67 % des ressources des banques en 2 ans. Cependant et sur une note plus optimiste, le Gouverneur de la Banque d’Algérie a insisté sur le fait que l’Algérie ait développé des instruments lui ayant permis de faire face au choc externe à l’image du paiement anticipé de la dette extérieure, la constitution d’un niveau important de réserves de changes ayant atteint 194 milliards de dollars en 2013, ainsi que la création du Fonds de régulation des recettes ayant permis d’éponger les déficits. M. Loukal a également reconnu que le taux de change du dinar qui a été déprécié de 20 % par rapport au dollar a constitué la première ligne de défense face au choc externe. Or, aujourd’hui ces mécanismes semble ne plus suffire tant le gouverneur évoque la nécessaire consolidation de la croissance et la diversification de l’économie nationale. Pour M. Loukal, « l'économie algérienne fait face à un double défi: le premier est celui des ajustements pour rétablir les équilibres et la stabilité du cadre macroéconomique, alors que le second est celui de la diversification de l'économie ». Et d’ajouter que les missions de la Banque d’Algérie s’articuleront désormais  sur la mise en œuvre d’une politique monétaire qui soutient la croissance en plus de ses missions traditionnelles. Notons que plusieurs communications sont prévues au menu de cette rencontre de trois jours. M. Jean Tirole a présenté jeudi une communication sur la morale en économie et sur son modèle mathématique qui permet d’évaluer les comportements moraux et non moraux De son côté, Raouf Boucekkine professeur à  Aix-Marseille School of Economics a présenté une communication portant le rapport entre les ressources naturelles, la qualité des institutions et la durée de vie des autocraties dans le monde arabe. Une communication qui a pemis de faire le point sur ce que l’on appelle la malédiction du pétrole, ainsi que sur la corrélation entre le stock des richesses accumulées, la structure de la dépense publique (va-t-elle financer des projets d’intérêt commun ou sera-t-elle captées par des intérêts personnels) , le niveau d’éducation des populations, les conditions du marché du travail et l’inclinaison des populations à la révolte dans le sillage du printemps arabe.  

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