Sonelgaz met le turbo sur le renouvelable

Klilya Beldif   Fleuron du secteur énergétique national, le groupe Sonelgaz est à l’avant-garde des progrès en matière de génération électrique. L’investissement dans les énergies renouvelables est, à coup sûr, l’un des axes stratégiques de développement du groupe et qui table dans ce sens sur une approche intégrée. L’énergéticien public investit depuis de nombreuses années, dans le renouvelable. Centrales solaires, centrales hybrides et parcs éoliens champignonnent à travers le territoire national. L’objectif est clair, faire de l’Algérie un acteur incontournable du marché du renouvelable. C’est dans ce contexte que le P-DG du groupe Sonelgaz a, récemment, annoncé l’objectif de mettre en place une capacité de production installée de pas moins de 4.000 mégawatts d’électricité renouvelable. C’est à la veille de l’ouverture du Salon international des énergies renouvelables (ERA), qui se tient, chaque année à la fin du mois d’octobre à Oran, que M. Mustapha Guitouni a fait part de l’élaboration d’un programme visant la production de 4.000 mégawatts d’électricité solaire et de 500 mégawatts d’énergie éolienne, à travers tout le territoire national. Il a, d’ailleurs, précisé que le ministère de l’Énergie était en passe d’élaborer « un cahier de charges lequel sera finalisé à la fin du mois de décembre prochain ou au début de l’année 2017». Le P-DG de Sonelgaz a, dans ce sens, tenu à rappeler que le groupe qu’il dirige s’est engagé sur la voie du renouvelable dès les années 1980. Chose qui permet de dire que le groupe énergétique public est au cœur des politiques publiques en matière de promotion et de développement des énergies renouvelables. Le Programme national de développement des énergies renouvelables (PNR), avalisé par le Conseil des ministres en mai 2015, assigne un objectif de production, à l’horizon 20130, de 22.000 mégawatts d’électricité de sources renouvelables destinés à la satisfaction du marché intérieur, en plus de 10.000 MW qui seront destinés à l’exportation. Ce qui représentera pas moins de 27% de la production globale d’électricité d’ici à 2030.   22 CENTRALES MISES EN SERVICE   Sonelgaz avance dans ce contexte à pas sûrs. M. Mustapha Guitouni, explique ainsi que le programme de la Sonelgaz sera réalisé en tranches de 400 mégawatts/an et compte sur une approche intégrée. Il insiste sur le fait que notre pays n’est pas en retard, concernant la maîtrise technologique de ces types d’énergie, grâce aux efforts concédés en matière de recherche. Il faut dire aussi que le groupe public s’est engagé depuis de nombreuses années sur la voie de l’intégration industrielle, et cela est encore plus vrai dans le renouvelable. L’enjeu est de taille, dans la mesure où il s’agit de s’engager sur la voie du renouvelable, un domaine hautement technologique, sans pour autant se laisser prendre en otage par les marchés internationaux des équipements. Cette intégration offre aussi l’opportunité d’une meilleure maîtrise des coûts, afin de pouvoir proposer une électricité issue de sources renouvelables à de meilleurs prix. Il va sans dire que le groupe devra relever un double challenge, celui de l’innovation d’une part, et du financement de l’autre. Sur ce dernier point, le P-DG de Sonelgaz n’écarte pas le recours à des financements extérieurs, « ce qui ne veut pas forcément dire des financements étrangers », précise-t-il. Il faut noter que grâce aux efforts du groupe Sonelgaz, l’Algérie comptera une capacité de 343 MW de capacité de production d’électricité d’origine renouvelable, d’ici fin 2016 et répartie à travers 14 wilayas du pays. Selon les chiffres du ministère de l’Énergie, 16 centrales d’une capacité de 195 MW, réalisées Sharikate Takat El Moutajadida (SKTM), filiale du Groupe Sonelgaz, sont déjà fonctionnelles et injectent de l’énergie d’origine renouvelable dans le réseau. Cinq de ces centrales ont été mises en service en 2015 dont une à Djanet dans la wilaya d’Illizi, une à Adrar et l’autre à Kabertene dans la wilaya d’Adrar, une à Tamanrasset, et enfin une centrale à Tindouf. En 2016, par moins de 11 nouvelles centrales ont été mises en services dont 4 dans la seule wilaya d’Adrar, une à Tamanrasset, Djelfa, à Sidi Bel-Abbe, Nâama, Saida, Laghouat et Souk Ahras. Par ailleurs, six nouvelles centrales seront mises en services avant fin 2016 à Djelfa, Laghouat, Batna, El Bayadh, M’sila et à Ouargla. Cela reflète la volonté du groupe d’accélérer la mise en œuvre de ce programme. Il faut noter dans ce sens que ces centrales ont été réalisées dans le cadre du programme national de développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. Celui-ci vise la mise en service d’une capacité de production d’origine renouvelable de 47 à 51 TWh à l’horizon 2030, dont plus de 9 TWh seront injectés dans le réseau d’ici 2020.   LA VOIE DU PARTENARIAT   Il est utile de préciser qu’à l’ouverture du salon Era à Oran, le ministre de l’Énergie, M. Noureddine Bouterfa a insisté sur la volonté du gouvernement de concrétiser le programme national des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. Il n’en demeure pas moins que la réalisation des objectifs assignés est tributaire d’un certain nombre de préalables. C’est dans ce sens, que le ministre estime que la stratégie du gouvernement repose sur deux axes, à savoir, « d’une part, à contribuer à la préservation de nos réserves fossiles non renouvelables – et plus globalement, à protéger l’environnement- et d’autre part, à l’émergence d’une industrie nationale du renouvelable qui favorisera la transition énergétique et une économie durable », explique M. Boutarfa. Et d’ajouter que « ce principe dual permettra le développement à grande échelle des installations renouvelables, associé à une industrie nationale qui touchera tous les éléments de la chaine de valeurs des renouvelables, notamment l’engineering, les équipements et la construction ». C’est dans ce contexte que le ministre a fait part du lancement, prochain, d’un appel à investisseurs pour la réalisation d’installations de production d’électricité à partir de sources renouvelables conditionné par la réalisation d’investissements dans le domaine industriel. Il expliquera , ainsi que « pour diverses considérations, telles que la baisse des coûts des équipements sur le marché international et le recours grandissant, à travers le monde, à l’appel d’offres pour mettre en compétition les investisseurs et réduire le prix du kWh produit à partir des énergies renouvelables, l’Algérie va recourir à ce mécanisme afin de protéger le consommateur en lui offrant une énergie propre et durable à un prix du KWh le plus bas possible ». Cet appel à investisseurs offrira la possibilité à ces derniers de réaliser des centrales de production d’électricité d’origine renouvelable sur des sites préalablement choisis, ce qui permettra d’une part, de leur faciliter les procédures et les démarches et d’autre part, d’accélérer la cadence de mise en œuvre. M. Bouterfa précisera, d’ailleurs, qu’en sus du mécanisme d’appel d’offres à investisseurs nationaux et/ou étrangers pour constituer des partenariats, une part importante sera réservée aux acteurs nationaux dans le cadre d’un dispositif spécifique de mise aux enchères et les a invités à se préparer à y répondre. K.B.  

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