Syrie: à Raqa, en passe de tomber

Une centaine de jihadistes du groupe Etat islamique (EI) à Raqa se sont rendus, a annoncé samedi la coalition internationale conduite par Washington. Trois ans après sa fulgurante ascension en Irak et en Syrie, l'EI se trouve acculé dans ses derniers fiefs et voit son "califat" autoproclamé en juin 2014 s'écrouler face aux offensives soutenues par les Etats-Unis ou la Russie. Entrées à Raqa en juin, les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes soutenue par la coalition, ont progressivement repris près de 90% de la ville, les jihadistes y conservant des poches. Ces derniers jours, des discussions ont été menées pour assurer la reprise des poches où sont retranchés les jihadistes, et permettre l'évacuation des civils pris au piège des combats, parfois utilisés par les combattants comme boucliers humains. Les négociations étaient conduites par le Conseil civil de Raqa, une administration locale lié aux FDS, et des figures tribales. Quelque 1.500 civils ont ainsi pu fuir cette semaine en vertu d'une trêve tacite accompagnant ces discussions, selon la coalition qui avait parlé jeudi d'environ 4.000 civils encore à Raqa. Les discussions portaient aussi sur le départ des jihadistes syriens mais aussi étrangers.  Plus aucun jihadiste syrien ne se trouve à Raqa et des négociations sont en cours concernant le sort des combattants étrangers, a indiqué samedi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). L'OSDH a indiqué que "tous les combattants syriens" de l'EI et leur famille avaient quitté la ville "ces cinq derniers jours". "Ces dernières 24 heures, environ 100 terroristes de l'EI se sont rendus à Raqa, et ont été évacués de la ville", a précisé la coalition de son côté, sans dire s'il s'agissait de syriens ou d'étrangers. Des jihadistes syriens se sont rendus dans la nuit aux FDS, a dit pour sa part un responsable local qui n'a pas donné de chiffre exact. "Ceux qui se sont rendus sont des locaux, pas des étrangers. Les étrangers ne se sont pas encore rendus", a précisé le responsable s'exprimant sous l'anonymat. Une source militaire des FDS a indiqué à l'AFP que des bus et des camions attendaient à l'extérieur de Raqa pour conduire les combattants qui ont déposé les armes vers Deir Ezzor, une province dans l'est du pays encore largement contrôlée par l'EI, mais où là aussi les jihadistes font face à une offensive des forces du régime. Ces dernières y ont d'ailleurs repris samedi le contrôle de la ville de Mayadine, selon l'agence officielle Sana. Quelque 150 combattants étrangers seraient encore retranchés à Raqa, selon le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. "Ils demandent à pouvoir partir en un seul groupe vers les secteurs sous contrôle de l'EI dans la province de Deir Ezzor", a-t-il précisé. Mais la coalition internationale s'est montrée intraitable. Les jihadistes étrangers "ne sont pas autorisés à quitter Raqa", a-t-elle dit, prédisant "des combats difficiles dans les jours à venir". Un porte-parole des Unités de protection du peuple kurde (YPG), la principale composante des FDS, a catégoriquement écarté de son côté la possibilité d'un accord avec l'EI. "On est sur le point d'en avoir fini avec Daech à Raqa", a-t-il indiqué à l'AFP, utilisant l'acronyme en arabe du groupe. Mais "jusqu'à ce moment, nous luttons contre Daech", a-t-il souligné.

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