Tliba lâché par le FLN

« N’en faites pas un héros ni un martyr, ce n’est qu’un simple député ! ». Ce sont là les propos du S.G du FLN, Djamel Ould Abbes qui a donné, ce lundi après-midi, une conférence de presse au niveau du siège du parti pour annoncer la traduction de Baha Eddine Tliba devant la commission de discipline pour avoir enfreint l’interdiction imposée par le parti de parler du 5e mandat. Cette autre façon de réduire le député de Annaba et de le remettre à sa place, celle d’un simple élu parmi tant d’autres et dire par là que « ce n’est que du menu fretin » démontre un profond malaise au sein du vieux parti. Djamel Ould Abbes qui reconnait avoir averti le récalcitrant parlementaire à plusieurs reprises ne va pas plus loin pour dénoncer la volonté de certains de se comporter en super militants « incontrôlables », tel le cas de Baha Eddine Tliba qui semble n’en faire qu’à sa tête comme s’il jouissait de quelconques garanties ou privilèges. Le député de Annaba, dans un excès de zèle, avait lancé une « pétition » qui s’est transformée en coordination pour le soutien au président Abdelaziz Bouteflika afin de briguer un 5e mandat. La pseudo coordination compterait les noms de plusieurs cadres de l’État et du FLN dont Abdelmalek Sellal, Said Bouhadja, Hamid Grine, Abdelwouahab Nouri et Tahar Khaoua. Ces derniers et selon Djamel Ould Abbes auraient démenti faire partie de cette coordination menée par Baha Eddine Tliba.  Si cette « initiative tend à brouiller les cartes » comme le soutient Ould Abbes, cela traduit une incohérence au sein du parti et impose des interrogations dès lors sur les parties ou personnes qui sont derrière Tliba et pour qui roule ce dernier transfuge devenu « dinosaure » par la grâce d’un décideur ?  Que risque donc le député Tliba et ira-t-on jusqu’à l’exclure du parti pour en faire un exemple ? Ce qui lui vaudra, selon l’article 117 de la Constitution, d’être banni pour ainsi dire et condamné à l’isolement politique en conservant à peine son mandat en qualité de député mais non affilié. Cependant, il est juste de se poser la question suivante, Baha Eddine Tliba aurait-il agit seul de son propre chef en poussant l’audace jusqu’à mentir et annoncer les noms de hauts responsables sur sa fameuse liste ou l’aurait-on encouragé pour ensuite se rétracter ? Néanmoins, ces mêmes « pestiférés » d’aujourd’hui risqueraient de devenir les héros de demain si Bouteflika venait à annoncer sa volonté de se succéder à un 5e mandat. L’ironie du sort donnerait, d’office, à Tliba and Co, la meilleure preuve de fidélité au président. Tliba aurait donc péché en jouant à la pipelette au risque de déranger certains plans en gestation.

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