Tourisme : Une proposition surréaliste pour détourner les Algériens de la  destination Tunisie

L’été arrive à grands pas et bon nombre d’Algériens se préparent à quitter leurs appartements usuels pour s’installer au bord de l’eau, du moins pour quelques jours. Beaucoup de nos compatriotes préfèrent d’ailleurs passer leurs vacances en Tunisie. En 2017, ceux sont pas moins de 2,5  millions d’Algériens qui décidé de passer leurs vacances chez notre voisin de l’Est. Cependant, au plus haut sommet de l’Etat, on considère que c’est une source de fuites de capitaux qui profitent bien à nos frères tunisiens et dont on se passerait bien.  Pour y remédier, le ministre du Tourisme, M. Abdelkader Benmessaoud n’a pas trouvé mieux que de solliciter la Centrale syndicale UGTA afin d’inciter salariés et travailleurs de la fonction publique à passer leur vacances au pays. Selon des sources proches du dossier, le ministre a récemment réuni responsables syndicaux et patrons de grandes entreprises hôtelières publiques et privées afin de s’accorder sur une proposition susceptible d’intéresser les salariés en partance pour les vacances. Le deal consisterait ainsi à ce que l’UGTA incite à travers les œuvres sociales à opter pour un séjour dans un hôtel algérien, en contrepartie, ces hôtels concéderaient une réduction de 40 % de leurs tarifs. Une proposition qui aurait pu représenter une solution allant dans le sens du développement du tourisme national. Du moins si on ne prend pas en compte les tarifs tout bonnement prohibitifs des séjours proposés par les structures hôtelières nationales. Un petit tour sur les comparateurs de prix sur internet comme Trivago ou Tripadvisor permettent de prendre toute la mesure du manque de compétitivité des structures touristiques nationales. On comprend ainsi qu’une nuitée en  chambre double dans un hôtel 5 étoiles comme le Mariott de Constantine ou le Royal Tulip de Skikda en bord de mer démarre  à 170 euros. Pour les petits budgets, une nuitée dans un deux étoiles comme l’Hôtel Ibis de Canastel à Oran est à 60 euros en saison basse. Pour une famille ce sont des tarifs tout bonnement inaccessibles, dans la mesure où l’on est obligés à tous les coups de prendre deux chambres au moins, vu que le concept de chambre familiale est une notion pour le moins inconnue.  A titre de comparaison un 5 étoiles à Hammamet Yasmine en Tunisie peut être proposé à partir de 100 euros la nuitée, tandis qu’on peut passer un séjour dans un trois étoiles pour 30 euros la nuitée. Cela sans compter l’offre de location de vacances, grâce à laquelle on peut tout à fait prétendre à un séjour dans une villa pour 6 personnes à Djerba pour la modique somme de 60.000 dinars. A titre de comparaison, en Algérie  une location vacances varie entre  5.000 et  10.000 dinars la nuitée pour des conditions de logement tout à fait déplorables. Résultat des courses, si les hôteliers se décident à concéder une réduction de 40% de leurs tarifs, cela est loin de convaincre nos compatriotes de se détourner du marché touristique tunisien. Une preuve de l’addiction des responsables algériens aux mesures de politiques politiciennes, destinées à assurer une part de marchés aux aubergistes qui bénéficient des bonnes  grâces du patron du département des touristes. Des marchands de sommeil qui n’ont nul besoin, soulignons –le, de tant d’abnégation de la part d’Abdelkader Benmessaoud, tant le nombre de lits en hôtellerie est loin de couvrir les besoins du marché.  

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