Un ami qui vous veut du bien !

Screenshot from 2016-03-07 21-23-29   « Les prochaines années risquent d’être difficiles ! », de l’aveu du ministre des Finances. On semble enfin se réveiller en haut lieu ! On panique même ! Cette belle marge de manœuvre, assurée par les économies stockées, et gardées jalousement au sein du fonds de régulation des recettes, n’est plus. Il faut bien le consentir. Cela fait plusieurs années que le gouvernement a décidé de casser sa tirelire piochant dans le FRR, rassuré par un baril qui caracolait à l’époque au-dessus des 100 dollars. Juin 2014 a marqué un changement. Un changement que personne n’a voulu voir en haut lieu. On a tenté de se rassurer, se réconforter. La crise n’est que conjoncturelle, claironnait-on, se berçant d’illusions. Or, cette crise risque de durer trop longtemps, et faudra y faire face. Oui, mais que faire ? Dans sa fuite en avant, le gouvernement cherche des palliatifs à la ressource qui se tarit. Mobiliser les fonds qui échappent à tout contrôle ? C’est presque courageux, naïf même ! C’est vouloir remettre un fleuve en crue dans son lit. L’Etat a laissé faire en fermant les yeux longtemps, si longtemps pour venir aujourd’hui redresser les torts. Tapi dans l’ombre, un « ami » observe et attend son heure. Il a pu compter sur les contributions de l’Algérie, et lui « prodigue » ses conseils en retour. D’abord conciliant, il se fait aujourd’hui insistant. Il sent la tempête venir. Le Fonds monétaire international prescrit même sa thérapie, faite de privatisations, d’ouverture de l’ensemble des secteurs de l’économie et du marché, de réduction de la masse salariale dans la fonction publique, de levée des subventions, de dévaluation de la monnaie nationale, et de recours à l’endettement. Une thérapie qui ne nous est pas si étrangère, et qui nous a déjà été imposée par le passé, sans pour autant nous guérir de nos tares. Bien au contraire celles-ci ont été exacerbées. Bradage des entreprises, destruction du peu de tissu économique et industrielle et économie de bazar. Voilà le butin des réformes et de l’ouverture imposées par les Plans d’ajustement structurel. Faut-il jeter, pour autant, le bébé avec l’eau du bain ? Refuser de revoir le modèle de croissance pour libérer l’initiative est une erreur en soi. Arrêtons, pour une fois de jeter la pierre à autrui pour une petite introspection. Dans leur volonté de réformer, les structures de l’Etat ont oublié de prendre possession de leur rôle de régulateur et de se désengager du champ d’intervention directe dans la sphère économique. La hausse inédite des cours du brut n’a fait que les encourager. Investissements publics et politiques keynésiennes mal cadrées et mal adaptées, n’ont engendré qu’une économie droguée à la rente, et des entreprises soumises à la commande publique et aux desiratas du pouvoir politique. Gabegie, gaspillage, corruption, évasion fiscale et fuite de capitaux ne sont que les fruits gâtés de ce système. Bien entendu, tout nouveau « modèle économique » et toute ouverture serait les bienvenus. Il faudra, cependant, un Etat de droit, fort de ses institutions, et apte à assurer ses missions de contrôle et de régulation. Auquel cas, une nouvelle génération de réformes ne se traduirait que par le transfert de ce qui reste de patrimoine commun à de pseudo-investisseurs. M.R.B.

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