Les impacts de la guerre au Moyen-Orient Coûts financiers et risque de récession de l’économie mondiale

Par Abderrahmane Mebtoul
Professeur des universités, expert international et Docteur d’État en management stratégique.

Alors que le conflit opposant les États-Unis, Israël et l’Iran s’enlise, ses répercussions économiques dépassent largement le cadre régional pour menacer l’équilibre fragile de l’économie mondiale. Entre flambée des prix des hydrocarbures, perturbation des chaînes d’approvisionnement et risque de stagflation, le professeur Abderrahmane Mebtoul, expert international en management stratégique, livre une analyse rigoureuse des coûts financiers supportés par chacun des belligérants et dresse un tableau lucide des perspectives à court et moyen terme pour l’économie mondiale.

Le conflit USA-Israël-Iran menace une économie mondiale déjà fragilisée. La croissance économique mondiale en 2026, avant même ce conflit, était déjà caractérisée par un ralentissement structurel, s’établissant entre 2,6 % et 3,3 % selon le FMI et la Banque mondiale — un chiffre qui sera certainement revu à la baisse, selon la directrice du FMI, si le conflit devait se prolonger. Ce dernier agit comme un choc d’offre négatif, provoquant une hausse de l’inflation, une perturbation des chaînes d’approvisionnement et, par conséquent, une stagflation caractérisée par un faible taux de croissance, un chômage élevé et une inflation persistante.
Ce phénomène est accentué par la fermeture potentielle du détroit d’Ormuz, par lequel transitent entre 20 % et 25 % des flux mondiaux d’hydrocarbures, sans compter les tensions en mer Rouge. Il en résulte un cours élevé des hydrocarbures, fluctuant au gré des déclarations du président américain entre 100 et 120 dollars le baril de Brent, et entre 50 et 70 dollars le mégawattheure de gaz — les prix du gaz en Asie ayant déjà augmenté de plus de 140 % à la suite de frappes sur des infrastructures au Qatar. Ces hausses impactent directement les coûts de production et de transport à l’échelle mondiale. L’OCDE prévoit que l’inflation mondiale sera relancée, atteignant potentiellement 4,2 % aux États-Unis (contre 2,6 % initialement prévu) et augmentant significativement dans la zone euro.
Face à cette situation, les bourses ont été fébriles, sans toutefois s’effondrer, la vulnérabilité étant moindre qu’en 2022 selon certains analystes. Cela dit, la hausse de l’inflation liée à la guerre a entraîné une augmentation des taux d’intérêt, réduisant la capacité d’emprunt immobilier des ménages. Pour les trois zones qui tirent à elles seules plus de 80 % de l’économie mondiale, les perspectives sont les suivantes : dans la zone euro, la croissance pourrait ralentir à seulement 0,5 % au second semestre 2026 ; la croissance américaine, après avoir ralenti à environ 2,2 % en 2025, devrait stagner autour de 1,5 % à 1,8 % en 2026 ; l’Asie devrait, quant à elle, maintenir une croissance robuste, prévue autour de 4,5 % en 2026, consolidant son rôle de moteur économique mondial. Toutefois, pour la Chine, pivot essentiel de cette dynamique asiatique, la croissance pourrait tomber sous la barre des 3 % en raison de sa forte dépendance aux importations énergétiques en provenance du Moyen-Orient.
Les pays du Golfe, tels que le Koweït ou le Qatar, pourraient voir leur PIB chuter de 14 % en 2026 si les hostilités persistent. L’ONU évalue le coût du conflit pour les pays arabes à 186 milliards de dollars en un seul mois, soit 6 % du PIB régional, soulignant la fragilité structurelle de leurs économies de rente. Pour l’Afrique, la vulnérabilité est de nature structurelle. Bien que seulement 13 % des importations totales du continent passent par le détroit d’Ormuz, ce conflit pourrait coûter jusqu’à 3 points de croissance aux économies africaines (source : Programme des Nations unies pour le développement – PNUD), via la contraction des exportations, la diminution de la demande mondiale et la baisse des investissements directs étrangers (IDE). Les pays riches en hydrocarbures ne sont pas épargnés : ce qu’ils gagnent sur la hausse des prix pétroliers, ils le perdent en partie sur la hausse des prix des produits alimentaires, consécutive à la flambée des intrants — notamment les engrais — et au renchérissement des matières premières et des produits finis importés.

1. Coût financier pour les États-Unis

Il convient de replacer les coûts financiers des États-Unis au sein de leurs objectifs géostratégiques. Washington entend demeurer la première puissance mondiale, tant économique que militaire, face à son principal concurrent : la Chine. En 2025, sur un PIB mondial estimé à 113 000 milliards de dollars selon les données du FMI, les États-Unis représentaient 30 600 milliards de dollars de PIB pour une population de 342 millions d’habitants, contre 20 000 milliards de dollars pour la Chine et ses 1,4 milliard d’habitants, et 2 540 milliards de dollars pour la Russie et ses 140 millions d’habitants.
Selon l’indice de « soft power », les États-Unis concentrent leur action sur le maintien du dollar comme monnaie internationale de référence, le soutien à leurs entreprises stratégiques, la préservation de leur hégémonie mondiale face à la Chine, la sécurisation de l’approvisionnement énergétique et le contrôle de zones géographiques clés telles que le Moyen-Orient et l’Arctique. Cette posture implique une militarisation accrue, matérialisée par quelque 750 bases militaires à travers le monde. Le Pentagone anticipe par ailleurs une militarisation croissante de l’Arctique, rendue nécessaire par la fonte des glaces, qui ouvre de nouvelles routes maritimes et rend accessibles des ressources stratégiques considérables.
À fin mars 2026, les dépenses militaires américaines ont explosé dès le début du conflit, en février et mars 2026. Elles sont estimées entre 800 millions et 1 milliard de dollars par jour en moyenne. Plus de 11,3 milliards de dollars ont été dépensés durant les six premiers jours seulement. Le coût budgétaire total pour les États-Unis pourrait atteindre entre 65 et 115 milliards de dollars selon la durée de l’engagement, sachant que la perte d’un radar américain sophistiqué de type AN/TPY-2 représente à elle seule environ 500 millions de dollars par unité. Avec la hausse de l’inflation qui pénalise les ménages américains, la promesse centrale du président lors de sa campagne électorale — à savoir la maîtrise de l’inflation — se trouve directement fragilisée. Si le conflit dure plus de trois mois, son coût total pourrait dépasser celui de la guerre en Irak de 2003, évaluée à plus de 60 milliards de dollars. Des estimations à long terme, formulées par les économistes Stiglitz et Bilmes, suggèrent une facture totale — incluant le service de la dette et les soins aux vétérans — comprise entre 1 000 et 3 000 milliards de dollars. Selon Kevin Hassett, conseiller économique de la Maison-Blanche, le Pentagone a par ailleurs demandé l’approbation d’un budget supplémentaire de plus de 200 milliards de dollars à soumettre au Congrès.

2. Coût financier pour l’Iran
Bien que le régime iranien dispose de ressources énergétiques massives, sa capacité à soutenir un effort de guerre prolongé est sérieusement mise en question par une crise financière systémique. Ses réserves de change, fin 2025, étaient inférieures à 35 milliards de dollars, et plus de 80 % de ses ressources en devises sont tirées de ses exportations d’hydrocarbures. L’économie iranienne, déjà sous le joug des sanctions internationales, devrait subir une contraction sévère, estimée à 10 % pour 2026, aggravée par les destructions d’infrastructures et une baisse drastique des revenus.
Le gouvernement a annoncé une augmentation de 200 % de son budget militaire — largement contrôlé, comme l’ensemble de l’économie à plus de 60 %, par les Gardiens de la révolution — pour l’année 1404 du calendrier iranien (mars 2025 – mars 2026), suivie d’une hausse nominale de 145 % pour l’année suivante (2026-2027). Le coût des opérations militaires est estimé à plusieurs centaines de millions de dollars par jour, représentant une charge colossale pour un budget national total estimé à environ 65,7 milliards de dollars en 2024.
Il s’ensuit un effondrement de la monnaie nationale : le rial a atteint des niveaux historiquement bas, s’échangeant à plus de 1,7 million pour un dollar début 2026. Ce phénomène reflète, selon la Banque mondiale, une contraction de l’économie iranienne sur les années 2025 et 2026, avec une inflation globale approchant les 60 %, tandis que la seule inflation alimentaire dépasse les 70 %, alimentant un mécontentement social qui fragilise la stabilité interne du régime.
Certes, l’économie iranienne — bien que structurellement affaiblie par des décennies de sanctions internationales — a démontré sa capacité de résilience. L’Iran possède en effet des atouts considérables : les troisièmes réserves mondiales de pétrole, les deuxièmes réserves mondiales de gaz, un potentiel industriel dans les secteurs de l’automobile et de la pétrochimie, ainsi qu’une main-d’œuvre qualifiée. Sa résilience tient également à ses liens avec la Russie, et surtout avec la Chine, qui maintient l’économie iranienne sous perfusion grâce à des accords à long terme garantissant un minimum de revenus, limitant ainsi un isolement total. Malgré les frappes, l’Iran continue de tirer des revenus de ses exportations pétrolières, le détroit d’Ormuz n’étant pas totalement fermé.
Toutefois, ces alliances sont soumises à rude épreuve, d’autant que l’objectif américain serait de prendre le contrôle de l’île de Kharg — ou Khârg —, située dans le golfe Persique, qui constitue le principal hub pétrolier de l’Iran. Cette île abrite le plus grand terminal d’exportation de brut du pays, traitant environ 90 % à 95 % des exportations iraniennes de pétrole et de gaz. À l’heure actuelle, il ne s’agirait pas d’une invasion de l’intégralité du territoire iranien — ce qui aurait peu de chances d’aboutir et peu de sens d’un point de vue stratégique — mais essentiellement de raids menés par des forces spéciales et de la prise de contrôle, par des forces conventionnelles, de sites stratégiques pour une durée déterminée, dans le but d’asphyxier financièrement l’Iran, pourtant membre des BRICS+ et du groupe de défense de Shanghai.
La question demeure entière : les Gardiens de la révolution — à moins que d’autres forces politiques prônant la négociation ne prennent le dessus, ce qui préfigurerait non pas un changement de régime mais une mutation interne profonde — opteraient-ils pour une déflagration embrasant toute la région ? Quelle sera également la réaction de la Chine, qui s’avère être la grande perdante de ce conflit, et de la Russie, qui en est le principal bénéficiaire, ses recettes tirées des ventes d’hydrocarbures augmentant mécaniquement ? Ces deux puissances sont restées passives lors de l’offensive américaine contre le Venezuela, rappelant que dans les relations internationales, il n’existe pas de sentiments, seulement des intérêts.
Il n’est dans l’intérêt ni des États-Unis — ni de l’Occident en général — de reproduire les expériences négatives de l’Irak et de la Libye et de plonger l’économie mondiale dans une longue récession. Il n’est pas davantage dans l’intérêt d’Israël ni dans celui de l’Iran, qui, déjà sous sanctions et confronté à une contraction économique sévère estimée à 10 % pour 2026, à des destructions d’infrastructures et à une baisse drastique de ses revenus pétroliers, ne saurait soutenir durablement une autarcie totale. Le pays traverse une crise profonde, marquée par une chute du pouvoir d’achat et une pauvreté en hausse, engendrant des tensions sociales croissantes.

3. Coût financier pour Israël
Le coût économique de la guerre est colossal pour Israël. Depuis le 7 octobre, le pays a perdu l’équivalent de 8,5 % de la croissance de son PIB, soit 177 milliards de shekels (le shekel s’échangeant à environ 0,33 dollar), d’après les estimations de la banque centrale israélienne. Les opérations de Tsahal coûtent environ 500 millions de dollars par jour, et Israël est largement soutenu financièrement par les États-Unis et les pays occidentaux, à travers ses nombreux réseaux d’influence.
Selon d’autres estimations, les dépenses de l’armée d’occupation israélienne au cours des vingt premiers jours de la guerre contre l’Iran ont atteint environ 6,4 milliards de dollars. Le gouvernement israélien a approuvé une allocation budgétaire d’urgence de 825 millions de dollars pour l’achat de « fournitures de sécurité urgentes », notamment pour combler le déficit croissant en missiles intercepteurs, selon le quotidien israélien Haaretz et la chaîne israélienne Channel 12, qui indiquent que des financements supplémentaires sont en cours de préparation. Toujours selon ces mêmes sources, les dépenses quotidiennes ont atteint en moyenne environ un milliard de shekels, soit près de 320 millions de dollars, durant cette période. Le budget total alloué à la gestion de la guerre s’élève à environ 39 milliards de shekels, soit près de 12,5 milliards de dollars, et le rythme actuel des dépenses permettrait, selon ces sources, d’estimer la durée potentielle du conflit.

Quelles perspectives ?

L’évolution du conflit, face à une résistance iranienne que Washington et Tel-Aviv n’avaient pas anticipée, a conduit à un choc négatif sur l’ensemble de l’économie mondiale. Le conflit a, par ailleurs, changé de nature des deux côtés. Au-delà des objectifs militaires initiaux, les frappes visent désormais les centres de santé, les centrales électriques, les champs pétroliers et gaziers, ainsi que les installations de dessalement dans toute la région. Or, dans un espace largement désertique, ces infrastructures constituent le socle du fonctionnement des économies concernées et répondent aux besoins essentiels des populations.
Le président Trump a annoncé le 2 avril 2026 que le conflit devrait se poursuivre à court terme, au cours des deux ou trois prochaines semaines, et que les campagnes de bombardements devraient continuer avec la même intensité. À moyen terme, cependant, des évolutions devraient intervenir, en raison notamment de la nécessité, pour Washington, Tel-Aviv et Téhéran, de trouver une issue négociée à ce conflit.
La potentielle opération terrestre américaine en Iran s’inscrirait dans une logique de pression militaire et diplomatique sur les autorités iraniennes, dans le cadre d’éventuelles négociations directes. Le président Trump, pris par les contraintes du calendrier politique, souhaite se désengager d’un conflit dont la gestion génère des divergences croissantes avec l’aile extrémiste du gouvernement israélien. Il risque, par ailleurs, de perdre les élections de novembre 2026 sous la pression d’une large fraction de l’opinion américaine hostile à cette intervention.
En bref, après cette guerre, et au vu de ce qui se passe en Palestine, au Liban et dans les pays du Golfe, la carte du Moyen-Orient ne sera plus jamais la même qu’avant. Cela annonce, plus généralement, une profonde mutation géostratégique à l’échelle mondiale. La crise au Moyen-Orient rappelle que l’Afrique reste vulnérable face aux chocs extérieurs et qu’elle doit impérativement développer sa résilience. La diversification énergétique, l’industrialisation et une diplomatie proactive constituent autant de leviers pour en limiter les effets. L’Afrique devra préserver ses intérêts et tirer les leçons de ce conflit à travers des stratégies d’adaptation fondées sur la cohésion sociale interne, ce qui renvoie, in fine, à l’impératif de bonne gouvernance. A.M.

Annexe

1. Champs de production pétroliers et gaziers exposés aux attaques
Parmi les principaux sites qui alimentent l’économie mondiale et qui sont soumis à des attaques, on peut citer :
— Ghawar (Arabie saoudite) : le plus grand gisement de pétrole conventionnel au monde.
— South Pars (Iran/Qatar) : l’un des plus vastes gisements de gaz naturel au monde, stratégique pour l’approvisionnement énergétique mondial.
— Masjed Soleiman (Iran) : historiquement significatif, il fut le premier champ pétrolier découvert au Moyen-Orient.
Parmi les raffineries et complexes pétrochimiques qui transforment le pétrole brut en produits finis — carburants et produits chimiques — on recense notamment :
— La raffinerie de Ruwais (Émirats arabes unis) : un complexe colossal situé dans l’émirat d’Abou Dhabi, pilier du système énergétique émirati.
— La raffinerie de Ras Tanura (Arabie saoudite) : l’une des plus grandes du Moyen-Orient, située sur le golfe Persique.
— La raffinerie de Samref (Yanbu, Arabie saoudite) : implantée sur les rives de la mer Rouge.
Parmi les terminaux d’exportation et pôles de liquéfaction de gaz naturel (GNL), qui servent à stocker et à expédier les hydrocarbures vers les marchés internationaux, on distingue :
— Le terminal de Laffan (Qatar) : le plus important pôle de liquéfaction de gaz naturel au monde, qui vient de subir des dommages considérables. Selon le ministre qatari des Hydrocarbures, il faudra entre trois et cinq ans pour revenir à sa capacité initiale.
— L’île de Kharg (Iran) : centre névralgique par lequel transite plus de 80 % des exportations iraniennes de pétrole brut. Tout blocage de ce terminal risquerait d’asphyxier financièrement l’Iran.

2. Les installations de dessalement, infrastructures vitales du Moyen-Orient
Les pays du Golfe dépendent de manière critique du dessalement pour couvrir entre 70 % et 90 % de leurs besoins en eau potable : cette proportion atteint 99 % au Qatar, 90 % au Koweït, 70 % en Arabie saoudite et 42 % aux Émirats arabes unis.
L’Iran, qui connaît également une crise hydrique sévère, possède des unités de dessalement situées principalement le long de ses zones côtières, qui ont récemment fait l’objet d’une attention particulière dans le contexte géopolitique actuel. Ainsi, le 8 mars 2026, Bahreïn a accusé Téhéran d’avoir mené une attaque de drones contre une unité de dessalement, tandis que l’Iran a dénoncé une frappe similaire sur l’île de Qeshm. Ces attaques menacent les fondements même du modèle de développement régional, avec des conséquences sanitaires et alimentaires potentiellement désastreuses pour les populations.
Les principales usines de dessalement du Moyen-Orient, classées par capacité et coût, sont les suivantes :
— Ras Al Khair (Arabie saoudite) : 2 998 000 m³/jour — 7,2 milliards de dollars. Communément considérée comme la plus grande installation de dessalement au monde, elle est de type hybride, combinant la technologie de distillation flash à détentes étagées (MSF) et l’osmose inverse (RO). Située à 75 km au nord-ouest de Jubail, elle approvisionne Riyad.
— Djebel Ali (Émirats arabes unis) : 2 228 000 m³/jour — 3 milliards de dollars.
— Fujaïrah (Émirats arabes unis) : 1 045 361 m³/jour — entre 650 et 700 millions de dollars.
— Taweelah (Émirats arabes unis) : 909 200 m³/jour — 874 millions de dollars.
— Jubail Water and Power Company (Arabie saoudite) : 800 000 m³/jour — entre 800 et 1 000 millions de dollars.
— Umm Al Quwain (Émirats arabes unis) : 681 000 m³/jour — 797 millions de dollars.
— Sorek (Israël) : 640 000 m³/jour — 489 millions de dollars.
— Shuaiba (Arabie saoudite) : 600 000 m³/jour — 821 millions de dollars.

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