FMI : l’Algérie reste confrontée à des problèmes importants !

  C’est un constat en demi-teinte que le Fond monétaire international dresse sur l’évolution de situation économique en Algérie. S’il salue les efforts les pouvoirs publics en direction d’un rééquilibrage des finances publiques, le FMI estime que « l’Algérie reste confrontée à des problèmes importants », et met en doute, à certains égards, les mesures prises par les pouvoirs publics, notamment le recours au financement monétaire  du déficit budgétaire.   Le rapport de fin de mission du FMI au titre de l’Article IV précise ainsi que  le double déficit budgétaire et courant demeure élevé. Il considère aussi que le chômage s’est hissé à 11,7 % en septembre 2017, contre 10,5 % un an plus tôt, et reste particulièrement élevé chez les jeunes (28,3 %) et chez les femmes (20,7 %). Le taux d’inflation moyen s’est établi à 5,6 %, contre 6,4 % en 2016, du fait du ralentissement de l’inflation pour les produits manufacturés et les services, et il était de 3,4 % en glissement annuel en avril 2018. Aussi, si les réserves restent abondantes, elles ont diminué de 17 milliards de dollars, pour s’établir à 96 milliards de dollars (hors DTS). La dette extérieure reste négligeable, mais la dette publique intérieure a considérablement augmenté depuis 2016, tout en demeurant modérée.
Des efforts louables, mais…
Il n’en demeure pas moins que l’Institution de Bretton Woods salue les efforts des pouvoirs publics algériens visant à mobiliser davantage de recettes hors hydrocarbures, à améliorer l’efficience et la gestion des dépenses publiques, ainsi qu’à élargir les réformes des subventions tout en protégeant les populations pauvres. Ils saluent l’intention des autorités d’appliquer des réformes visant à encourager le développement du secteur privé en améliorant le climat des affaires, en facilitant l’accès au crédit, ainsi qu’en renforçant la gouvernance, la transparence et la concurrence. Cependant, elle met en doute le bien fondé du recours à la planche à billets pour le financement du déficit , que l’augmentation des dépenses budgétaires pour 2018, ainsi que les restrictions « temporaires » aux importations.  Le rapport du FMI indiqué dans ce contexte que « bien que certains administrateurs comprennent le choix des autorités, la plupart estiment que cette approche pourrait certes offrir un répit à l’économie à court terme, mais également faire peser des risques considérables sur les perspectives économiques ».  Et d’ajouter que ce financement monétaire « aura comme conséquence probable d’exacerber les déséquilibres budgétaires et extérieurs, d’alimenter l’inflation, d’accélérer la diminution des réserves de change, d’aggraver les risques pour la stabilité financière et, en fin de compte, de ralentir la croissance ». Le FMI  calibre d’ailleurs ses prévisions selon ces perspectives en tablant sur une hausse du ratio au PIB, de la dette publique à plus de 34% en 2018 et à près de 40 % en 2019, en raison de la hausse de a dette publique  interne.  Le Fonds prévoit également une hausse du taux d’inflation à 7,4 % en 2018 et à 7,6 % en 2019.
L’endettement externe comme alternative !
Fidèle à son approche le FMI recommande une démarche « susceptible de donner de meilleurs résultats tout en étant plus viable ».  il s’agit selon ses administrateurs d’un « assainissement progressif des finances publiques dès 2018 sans recourir au financement par la banque centrale, mais en s’appuyant sur une variété de mécanismes de financement, dont l’emprunt extérieur pour financer des projets d’investissement sélectionnés avec soin. Une dépréciation progressive du taux de change, accompagnée de mesures visant à éliminer le marché des changes parallèle, favoriserait les mesures d’ajustement ».      

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