C’est une page nouvelle qui s’ouvre dans les relations entre Alger et Madrid. Ce jeudi 26 mars 2026, le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a pris une décision hautement symbolique et stratégique en annonçant la réactivation du cadre juridique fondateur qui lie les deux pays depuis plus de deux décennies. Selon le communiqué officiel de la Présidence de la République, « le Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune a reçu, le 26 mars 2026, le ministre des Affaires étrangères du Royaume d’Espagne, M. José Manuel Albares, en visite officielle en Algérie. » Cette audience, tenue dans un contexte de rapprochement progressif entre les deux capitales, a constitué l’occasion pour le chef de l’État de poser un acte diplomatique fort, destiné à ancrer durablement la coopération bilatérale dans un cadre institutionnel rénové.
L’entretien présidentiel a d’abord offert aux deux parties l’opportunité de dresser un bilan approfondi de l’état de leurs liens. Le communiqué précise à ce titre que l’audience « a permis de passer en revue l’état des relations algéro-espagnoles, ainsi que les perspectives prometteuses qu’elles offrent, ces relations connaissant actuellement une dynamique remarquable en matière de consolidation et de diversification. » Ce constat partagé d’une relation en plein essor a naturellement conduit le Président Tebboune à franchir un pas supplémentaire. Comme le souligne le texte officiel, « afin de renforcer cette dynamique, le président de la République a fait part au ministre espagnol des Affaires étrangères de sa décision de réactiver le Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération, liant l’Algérie et l’Espagne depuis octobre 2002. » Ce traité, signé il y a près d’un quart de siècle, avait été mis en sommeil à la faveur d’une crise diplomatique survenue en 2022, lorsque Madrid avait adopté des positions perçues comme hostiles aux intérêts fondamentaux de l’Algérie. Sa remise en vigueur traduit un climat de confiance restauré et une volonté commune d’aller de l’avant.
Cette décision ne se limite pas à un simple geste protocolaire. Elle engage les deux nations sur la voie d’une coopération renforcée dans des domaines aussi variés que l’énergie, le commerce, la sécurité, la migration et les échanges culturels. L’Algérie, partenaire énergétique majeur de l’Espagne, et Madrid, porte d’entrée privilégiée vers le marché européen, ont un intérêt objectif à consolider leur partenariat sur des bases solides et mutuellement avantageuses. Le traité de 2002 offre précisément ce cadre structurant, capable de donner une impulsion politique aux projets concrets et de prévenir les malentendus susceptibles de fragiliser la relation.
Le niveau de représentation lors de cette audience témoigne de l’importance que les deux parties accordent à cet événement. Le communiqué rappelle en effet que « la rencontre s’est déroulée en présence de Messieurs Boualem Boualem, directeur de Cabinet de la Présidence de la République, Ahmed Attaf, ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Amar Abba, conseiller auprès du président de la République, chargé des affaires diplomatiques et Abdelfetah Daghmoum, ambassadeur d’Algérie auprès de l’Espagne. » La mobilisation de l’ensemble de l’appareil diplomatique algérien autour de cette rencontre confirme que la réactivation du traité s’inscrit dans une vision globale portée au plus haut sommet de l’État et promet des développements concrets dans les semaines et mois à venir. R.N


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