Les opérateurs économiques algériens ont jusqu’au 15 avril 2026 pour soumettre leurs factures pro forma dans le cadre des programmes prévisionnels d’importation du premier semestre à venir. Cette échéance, fixée par le ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, s’inscrit dans une stratégie de contrôle accru des flux d’importation visant à préserver les réserves de change et à protéger les industries nationales. Depuis juillet 2025, l’État a mis en place un régime strict de programmation des importations, obligeant les entreprises à déclarer à l’avance leurs besoins en équipements et biens en provenance de l’étranger. Cette nouvelle date butoir constitue donc une étape clé dans la poursuite de cette politique de rationalisation. Les opérateurs concernés doivent transmettre leurs factures pro forma accompagnées de la dénomination sociale en langues arabe et latine, ainsi que du numéro de registre de commerce, selon un format réglementaire précis. Deux adresses électroniques distinctes ont été mises en place : l’une pour les programmes classiques d’importation d’équipement, l’autre dédiée aux dossiers liés à l’Agence algérienne de promotion de l’investissement, reflétant une segmentation administrative plus fine. Il convient de noter que les programmes liés au fonctionnement courant des entreprises sont exclus de cette obligation, ciblant ainsi spécifiquement les acquisitions stratégiques. Ce dispositif vise à mieux encadrer les dépenses en devises, souvent critiquées pour leur impact sur la balance commerciale. En imposant une validation préalable, les autorités entendent endiguer les importations non prioritaires, notamment celles de biens disponibles localement ou jugés superflus, tout en favorisant les secteurs productifs comme l’industrie, l’agroalimentaire ou les énergies renouvelables. Parallèlement, ce système permet de lutter contre les fraudes constatées dans le passé, telles que les surfacturations ou les doubles facturations. La digitalisation des procédures joue ici un rôle central : en centralisant les données sur des plateformes sécurisées, l’administration améliore la traçabilité, accélère le traitement des dossiers et affine son pilotage économique. À plus long terme, cette approche s’inscrit dans une vision plus large de substitution aux importations et de relance de la production nationale. En orientant les investissements vers des équipements utiles à la création de valeur locale, l’État espère réduire la dépendance extérieure et stimuler les filières industrielles. Pour les entreprises, cette obligation représente un ajustement organisationnel majeur, mais aussi une opportunité de mieux planifier leurs chaînes d’approvisionnement. Le respect du délai du 15 avril devient dès lors crucial, sous peine de voir leurs projets retardés ou rejetés. Au-delà du simple contrôle administratif, cette mesure traduit une volonté affirmée de redessiner le modèle commercial du pays, en faveur d’une économie plus autonome, structurée et résiliente face aux chocs externes. R.E


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