L’économie algérienne accumule les signaux positifs sur la scène internationale. Deux des institutions financières les plus influentes au monde, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, viennent de publier des données qui confortent le positionnement de l’Algérie parmi les économies les plus dynamiques du monde arabe et du continent africain, tout en révisant à la hausse leurs prévisions de croissance pour le pays. Des chiffres qui traduisent une trajectoire ascendante et dessinent les contours d’une économie en voie de transformation structurelle.
Selon les dernières données du FMI, publiées sur son site officiel et relayées par l’APS, le Produit intérieur brut de l’Algérie attendu pour l’année 2026, calculé selon le critère de la parité de pouvoir d’achat, est estimé à 915 milliards de dollars, avec des prévisions dépassant le seuil symbolique des 1 000 milliards à l’horizon 2029. Ce critère de mesure, qui repose sur la comparaison des niveaux de prix entre les pays en tenant compte des écarts du coût de la vie ainsi que des prix des biens et services, permet une évaluation plus précise de la taille réelle des économies, indépendamment des fluctuations des taux de change. Contrairement au PIB nominal, qui repose sur le taux de change officiel, le PIB calculé en parité de pouvoir d’achat s’effectue après ajustement de la valeur des montants en fonction du niveau de vie réel, offrant ainsi une image plus fidèle de la capacité productive et consumatrice d’un pays.
Sur la base de ce critère, l’Algérie se hisse au quatrième rang des économies arabes et figure parmi les quatre premières économies africaines, aux côtés du Nigeria, de l’Égypte et de l’Afrique du Sud. À l’échelle mondiale, le pays occupe la 39e position selon les prévisions du FMI pour 2026, gagnant ainsi une place par rapport au classement de 2025 où il figurait au 40e rang. Une progression certes modeste sur l’échiquier mondial, mais qui confirme une tendance de fond. Le FMI anticipe par ailleurs que cette dynamique se poursuivra dans les années à venir, avec un PIB en parité de pouvoir d’achat devant atteindre 956 milliards de dollars en 2027, puis 998 milliards en 2028, avant de franchir le cap du trillion en s’établissant à 1 041 milliards de dollars en 2029. Il convient de noter que le PIB nominal de l’Algérie pour 2026 devrait quant à lui dépasser les 285 milliards de dollars, selon les mêmes données du Fonds.
Ces perspectives favorables du FMI trouvent un écho direct dans les dernières projections de la Banque mondiale, qui a elle aussi revu à la hausse ses prévisions de croissance économique pour l’Algérie. Dans sa dernière édition du Bulletin économique consacré à la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan, publiée sur son site web et rapportée par l’APS, l’institution de Washington prévoit désormais une croissance du PIB réel algérien de 3,7 % en 2026, soit une révision à la hausse de 0,2 point de pourcentage par rapport aux prévisions établies en janvier dernier, qui tablaient sur 3,5 %. L’Algérie figure ainsi parmi les trois rares pays de la région dont les perspectives de croissance ont été revues positivement, à contre-courant d’une tendance régionale globalement dégradée.
La portée de cette exception algérienne prend tout son relief au regard de la situation des autres économies de la région. La croissance globale de la zone MENAAP, hors Iran, devrait en effet s’établir à seulement 1,8 % en 2026, soit un niveau inférieur de 2,4 points aux projections initiales de janvier. Les perspectives de l’Arabie saoudite, pourtant la plus grande économie du groupe, ont été revues à la baisse à 3,1 %, contre 4,3 % précédemment. Plus préoccupant encore, le PIB réel de l’Irak, du Koweït et du Qatar devrait se contracter respectivement de 8,6 %, 6,4 % et 5,7 %, à la suite de révisions à la baisse massives. Dans ce contexte régional sous tension, la trajectoire algérienne apparaît d’autant plus remarquable. R.E
La Banque mondiale souligne par ailleurs une amélioration significative des équilibres extérieurs du pays. La hausse des recettes d’exportation algériennes devrait en effet se répercuter favorablement sur le solde du compte courant, dont le déficit serait sensiblement réduit, passant de -5,9 % du PIB en 2025 à -2,4 % en 2026, selon la même source. Un rééquilibrage qui témoigne des efforts engagés pour diversifier les sources de revenus et consolider la résilience macroéconomique du pays face aux aléas des marchés internationaux des hydrocarbures.




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