{"id":7130,"date":"2026-04-21T17:45:43","date_gmt":"2026-04-21T16:45:43","guid":{"rendered":"https:\/\/capalgerie.dz\/?p=7130"},"modified":"2026-04-21T17:45:43","modified_gmt":"2026-04-21T16:45:43","slug":"lalgerie-rouvre-prudemment-la-porte-aux-financements-exterieurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/capalgerie.dz\/index.php\/2026\/04\/21\/lalgerie-rouvre-prudemment-la-porte-aux-financements-exterieurs\/","title":{"rendered":"L&rsquo;Alg\u00e9rie rouvre prudemment la porte aux financements ext\u00e9rieurs"},"content":{"rendered":"<p>Publi\u00e9 au Journal officiel n\u00b029 et sign\u00e9 le 17 f\u00e9vrier 2026, un arr\u00eat\u00e9 du ministre des Finances vient de poser le cadre juridique d&rsquo;un changement de doctrine discret mais significatif. C&rsquo;est un arr\u00eat\u00e9 sobre, mais charg\u00e9 de sens. Apr\u00e8s des ann\u00e9es de rejet, l&rsquo;Alg\u00e9rie se dote enfin d&rsquo;une proc\u00e9dure formalis\u00e9e pour recourir aux financements ext\u00e9rieurs sur ses grands projets structurants. Rien d&rsquo;une r\u00e9volution dans la forme \u2014 le texte est sobre, technique, presque aride \u2014, mais son existence dit quelque chose que les discours officiels n&rsquo;avaient pas encore dit aussi clairement.<\/p>\n<p>Pris \u00ab en application des dispositions de l&rsquo;article 108 de la loi de finances pour 2020, modifi\u00e9es par l&rsquo;article 201 de la loi de finances pour 2025 \u00bb, l&rsquo;arr\u00eat\u00e9 confie au minist\u00e8re des Finances la conduite de l&rsquo;ensemble du processus. Quid dudit processus : prospection des bailleurs, soumission des dossiers et n\u00e9gociation des pr\u00eats. Les minist\u00e8res sectoriels, eux, gardent la main sur leurs projets, mais en assument pleinement la responsabilit\u00e9 \u2014 \u00ab quant \u00e0 la maturit\u00e9 des projets et \u00e0 la qualit\u00e9 des \u00e9tudes produites \u00bb, pr\u00e9cise l&rsquo;article 3, ajoutant qu&rsquo;ils r\u00e9pondent \u00e9galement \u00ab de la bonne ex\u00e9cution des projets, dans le respect des co\u00fbts, des d\u00e9lais et des objectifs fix\u00e9s \u00bb. La traduction est limpide : on peut d\u00e9sormais emprunter, mais pas n&rsquo;importe comment et certainement pas sans rendre de comptes. L&rsquo;article 4 ajoute une condition de taille que personne ne pourra contourner : \u00ab l&rsquo;autorisation pr\u00e9alable du Conseil des ministres est requise \u00bb, et seulement apr\u00e8s que le bailleur de fonds a lui-m\u00eame approuv\u00e9 le projet. Le verrou politique reste solidement en place.<\/p>\n<p><strong>Le traumatisme des ann\u00e9es 1990 en filigrane<\/strong><\/p>\n<p>Pour comprendre le poids symbolique de cet arr\u00eat\u00e9, il faut remonter au traumatisme fondateur qui a fa\u00e7onn\u00e9 pendant trois d\u00e9cennies la psych\u00e9 \u00e9conomique alg\u00e9rienne. Au milieu des ann\u00e9es 1990, l&rsquo;Alg\u00e9rie avait \u00e9t\u00e9 contrainte de recourir au r\u00e9\u00e9chelonnement de sa dette ext\u00e9rieure, avec \u00e0 la cl\u00e9 une tutelle du Fonds mon\u00e9taire international et son cort\u00e8ge de plans d&rsquo;ajustement structurel dont les effets sociaux ont marqu\u00e9 durablement les esprits. Depuis lors, tout recours \u00e0 l&#8217;emprunt \u00e9tranger \u00e9tait devenu politiquement quasi invendable, quelles qu&rsquo;en soient les circonstances ou le co\u00fbt d&rsquo;opportunit\u00e9 r\u00e9el pour le pays. En 2024, la dette ext\u00e9rieure alg\u00e9rienne repr\u00e9sentait environ 1,3% du PIB \u2014 un niveau exceptionnellement bas \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale, qui dit autant la fiert\u00e9 nationale que les projets abandonn\u00e9s ou ralentis faute de financements. Cette prudence avait ses vertus, mais elle avait aussi ses limites, particuli\u00e8rement lorsque les besoins d&rsquo;investissement en infrastructures se sont mis \u00e0 d\u00e9passer ce que les seuls budgets publics pouvaient absorber \u00e0 un rythme raisonnable.<\/p>\n<p><strong>Les conditions pos\u00e9es par Tebboune<\/strong><\/p>\n<p>Ce dispositif r\u00e9glementaire traduit en droit une orientation que le Pr\u00e9sident Abdelmadjid Tebboune avait expos\u00e9e publiquement lors du Conseil des ministres du 9 f\u00e9vrier. Le chef de l&rsquo;\u00c9tat avait alors pos\u00e9 trois conditions claires \u00e0 tout recours \u00e0 l&#8217;emprunt ext\u00e9rieur : des projets structurants \u00e0 \u00ab haute rentabilit\u00e9 \u00bb, une \u00ab vision rationnelle \u00bb de l&rsquo;endettement, et la garantie que l&rsquo;Alg\u00e9rie \u00ab n&rsquo;hypoth\u00e9quera pas l&rsquo;avenir de ses enfants \u00bb. Il avait cit\u00e9 la Banque africaine de d\u00e9veloppement \u2014 dont l&rsquo;Alg\u00e9rie est membre fondateur et contributeur principal \u2014 comme interlocuteur privil\u00e9gi\u00e9, soulignant le caract\u00e8re \u00ab souple \u00bb de ses conditions de financement. Le message \u00e9tait limpide pour quiconque savait le lire : on ne rouvre pas le robinet du cr\u00e9dit international, on entrouvre une vanne, soigneusement calibr\u00e9e, au service de projets pr\u00e9cis\u00e9ment identifi\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>La BAD, premier partenaire d&rsquo;une nouvelle \u00e8re<\/strong><\/p>\n<p>La Banque africaine de d\u00e9veloppement n&rsquo;a pas tard\u00e9 \u00e0 concr\u00e9tiser ce positionnement. L&rsquo;institution panafricaine a valid\u00e9 un pr\u00eat de 747,32 millions d&rsquo;euros au profit de l&rsquo;Alg\u00e9rie pour financer la premi\u00e8re phase du projet ferroviaire reliant Laghouat, Gharda\u00efa et El M\u00e9n\u00e9a sur 495 kilom\u00e8tres \u2014 tron\u00e7on central du chantier colossal de la ligne Alger-Tamanrasset, que Tebboune a qualifi\u00e9 de \u00ab nouveau pari du si\u00e8cle \u00bb. Ce pr\u00eat constitue, de fait, le premier test grandeur nature du cadre que l&rsquo;arr\u00eat\u00e9 de f\u00e9vrier vient d&rsquo;institutionnaliser : un projet structurant, une rentabilit\u00e9 sociale et \u00e9conomique document\u00e9e, un bailleur aux conditions favorables, et une autorisation politique au plus haut niveau. La d\u00e9monstration que le mod\u00e8le peut fonctionner sans reproduire les erreurs du pass\u00e9.<\/p>\n<p>Ce retour encadr\u00e9 au financement ext\u00e9rieur co\u00efncide avec l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration simultan\u00e9e de plusieurs chantiers d&rsquo;envergure dont les besoins financiers d\u00e9passent ce que les budgets publics peuvent absorber seuls et rapidement : extension du port d&rsquo;Annaba pour les exportations de phosphate, d\u00e9veloppement des gisements miniers de Bled El-Hadba et de Gara Djebilet, d\u00e9ploiement des infrastructures ferroviaires sahariennes. Autant de projets qui partagent une m\u00eame caract\u00e9ristique : ils s&rsquo;inscrivent dans la dur\u00e9e, g\u00e9n\u00e8rent des revenus futurs mesurables, et justifient objectivement le recours \u00e0 un endettement de long terme \u00e0 taux concessionnels. C&rsquo;est au fond le pari que fait l&rsquo;Alg\u00e9rie avec cet arr\u00eat\u00e9 : que la maturit\u00e9 \u00e9conomique consiste parfois \u00e0 savoir emprunter intelligemment, plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e0 refuser par principe tout financement \u00e9tranger. La fronti\u00e8re entre prudence et paralysie peut \u00eatre mince. Le pays vient de d\u00e9cider, texte r\u00e9glementaire \u00e0 l&rsquo;appui, de quel c\u00f4t\u00e9 il entend se tenir. Azzedine Belferag<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Publi\u00e9 au Journal officiel n\u00b029 et sign\u00e9 le 17 f\u00e9vrier 2026, un arr\u00eat\u00e9 du ministre des Finances vient de poser le cadre juridique d&rsquo;un changement <a href=\"https:\/\/capalgerie.dz\/index.php\/2026\/04\/21\/lalgerie-rouvre-prudemment-la-porte-aux-financements-exterieurs\/\" class=\"read-more-link\">Lire&#8230;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":7131,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","om_disable_all_campaigns":false,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"episode_type":"","audio_file":"","podmotor_file_id":"","podmotor_episode_id":"","cover_image":"","cover_image_id":"","duration":"","filesize":"","filesize_raw":"","date_recorded":"","explicit":"","block":"","itunes_episode_number":"","itunes_title":"","itunes_season_number":"","itunes_episode_type":"","footnotes":""},"categories":[258,198],"tags":[],"class_list":["post-7130","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-alaune","category-actualite"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/capalgerie.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7130","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/capalgerie.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/capalgerie.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/capalgerie.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/capalgerie.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7130"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/capalgerie.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7130\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7132,"href":"https:\/\/capalgerie.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7130\/revisions\/7132"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/capalgerie.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7131"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/capalgerie.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7130"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/capalgerie.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7130"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/capalgerie.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7130"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}