Mendier serait permis … aux adultes

« Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson » disait Confucius. Madame Ghania Eddalia compte interdire « l’utilisation des enfants dans la mendicité ». Faire la manche étant adulte et apte au travail serait-il vraisemblablement permis ? A voir les nuées de mendiants de tout âge qui squattent les rues, abordant les passants à longueur de journée, ça a l’air d’un travail à plein temps légalement toléré. Pis encore les services du ministère de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la Femme s’appuient sur les statistiques d’une enquête pour mettre en avant le travail des enfants qu’ils considèrent d’« un taux très faible ». D’aucun aurait relevé la confusion qui règne entre le travail des mineurs qui est permis et s’il est encadré par des textes législatifs tel le cas du travail saisonnier des lycéens, d’une part et l’exploitation des enfants de l’autre. Le ministère de la Solidarité nationale récidive et fait l’amalgame entre le travail et la mendicité. Si le travail est une valeur qui n’est pas inculquée dans notre société, tendre la main pour faire la manche et quémander, porte atteinte à la dignité humaine et brise la fierté de l’être. La mendicité a, de tout les temps, était interdite. Certains murs des artères des villes algériennes portent encore cette prohibition où « la mendicité est interdite » peut on y lire. L’exploitation des enfants est interdite sous toutes ses formes. Mais, le plus choquant dans l’attitude des responsables du ministère de la Solidarité nationale qui, au delà du travail des enfants, considèrent tacitement, de facto, que la mendicité peut être une activité acceptable et rémunérable. Ce n’est pas le travail des enfants qui doit être interdit mais la mendicité tout court. Cela illustre-t-il l’échec des politiques engagées pour lutter contre le chômage et la pauvreté et qui n’ont pu créer de l’emploi ? En tous les cas, cela instruit sur l’état des différents programmes d’aide préconisés par l’État et qui semblent avoir failli, à leur tour à commencer par le fameux filet social et de l’indemnité de la honte, pour parler de cette indemnité forfaitaire de solidarité (IFS) qui ressemble à s’y méprendre à de l’esclavagisme.      

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