Planche à billets : Ouyahia explique où va l’argent

  Le Trésor public a bénéficié de plus de 3.500 milliards de dinars (l’équivalent de 35 milliards de dollars), d’avances de la Banque d’Algérie dans le cadre du financement non conventionnel. Des montants autrement plus importants qu’ils dépassent largement les prévisions avancées par le ministre des Finances, M. Abderrahmane Raouyia, en termes de besoins en financement du déficit du Trésor, qu’il avait évalué à 30 milliards de dollars pour les exercices 2017, 2018 et 2019. Un constat qui a poussé certains observateurs à s’interroger sur l’usage fait de la monnaie créée par la BA, et critiquer le manque de transparence qui caractérise la gestion des fonds induits par l’opération de création monétaire, plus familièrement appelée planche à billets. Le Premier ministre vient cependant d’y remédier en dévoilant certains détails concernant l’usage des dinars nouvellement créés.  Samedi, M. Ouyahia a expliqué à l’issue du conseil national du RND, parti qu’il dirige,  qu’en 2017,  la Banque d’Algérie a mis à la disposition du Trésor public « 570 milliards DA pour le budget et le règlement de certaines dépenses. Nous avons aussi soldé 452 milliards DA que Sonatrach devait au Trésor ». Il précisera aussi que « le Trésor public a sauvé la Banque nationale d'Algérie (BNA) en rachetant en cash 545 milliards DA qu’il avait repris en bons de trésors sur une période de 30 ans ». Ouyahia explique également que 154 milliards DA ont été dégagés pour les projets AADL, alors que pour l'année 2018, quelque 900 milliards DA sont dégagés pour le financement du déficit qui était de 1.800 milliards DA. A cela s'ajoutent, a-t-il poursuivi, « les 500 milliards DA consacrés au financement de la Caisse nationale des assurances sociales (CNAS) afin de renflouer les caisses de la Caisse nationale des retraités (CNR), autrement les retraités n’auraient pas perçu leurs pensions », a-t-il conclu. Soit un total de 3.121 milliards de dinars, sur le 3.500 milliards de dinars créés. Bien que l’exercice de transparence soit louable, il pêche quelque peu par son manque de précision. Qu’importe, le Premier-ministre défend les choix adoptés en la matière, et tente par la même occasion de faire taire les critiques quant au bien fondé du recours à la planche à billets, notamment celles émanant du Fonds monétaire international. Il a qualifié le recours au financement non conventionnel de "choix courageux" du Président Abdelaziz Bouteflika, qui a permis à l'Algérie de poursuivre son développement économique, tout en évitant de connaitre la même situation de crise qu'en 1986. Il rappellera la situation de crise budgétaire qu’a vécue le pays à l’automne 2017 en indiquant qu’au mois de septembre dernier, "l’Etat était dans une situation qui n'allait pas lui permettre de payer les fonctionnaires », précisant qu'à la même période de l'année, le Trésor public disposait de 50 milliards DA, alors qu'il lui fallait 150 milliards DA au moins. "Cette situation aurait pu nous amener à un arrêt total de l’économie nationale dans la mesure où c’était la sécheresse au niveau des banques. Aujourd’hui la situation a pu être redressée certes, mais il reste encore un long chemin à parcourir d'autant plus que nous sommes engagés à atteindre un équilibre du budget en 2022", a-t-il ajouté.

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