Port d’Annaba : 75 milliards de dinars pour une extension superflue !

Le Gouvernement vient de décider de mobiliser une enveloppe de 75 milliards de dinars  pour la réalisation d’une extension du Port d’Annaba. Un Conseil interministériel s’est d’ailleurs tenu lundi dernier afin de finaliser le projet. Il s’agit de réaliser une infrastructure susceptible d’accueillir les volumes de phosphate et d’urée à exporter dans le cadre du nouveau projet de valorisation du phosphate et des engrais azotés dans le cadre d’un partenariat algéro-chinois.  Un projet qui devrait être confié à une entreprise de réalisation chinoise la China Harbour Engineering Company, laquelle aurait obtenu le contrat dans le cadre d’un marché de gré à gré. La nouvelle extension est présentée comme faisant partie intégrante du nouveau pôle phosphate à réaliser à l’Est du pays. Il est vrai que le projet qui devrait associer Sonatrach, Asmidal, Manal et les entreprises chinoises Cetic et Wingfu aspire à valoriser le phosphate des mines de Tébessa pour, à la fois, produire du phosphore, et porter la production nationale de phosphate à 12 millions de tonnes /an. Toutefois, la structure du projet dans sa globalité présente certaines incohérences. En effet, le projet de partenariat mis en place du temps d’Abdesselam Bouchouareb table sur la création de quatre nouvelles unités industrielles : deux à Souk Ahras, une autre à Tébessa pour la valorisation du Phosphate et une quatrieme danzs la wilaya de Skikda. Cette quatrième unité sera réalisée à Hadjar essoud, dans la wilaya de Skikda, est dédiée à la production de Nitrate d’ammonium technique  et calcium ammonium nitrate, en valorisant le gaz naturel, ainsi que la transformation de phosphore et d’ammoniac  en Di-Ammonique Phosphate et en Mono-Ammonique Phosphate.  A l’époque, Bouchouareb avait même annoncé l’existence d’un autre projet de transformation de l’ammoniac en mélamine, à Annaba, avant que celui-ci ne soit finalement planifié à Hdjar Essoud. Reste que la conception du projet en elle-même laisse pontois. En effet, les concepteurs du projet semblent avoir assis leur projection sur la démarche qui nécessite la réalisation d’une extension coûteuse du port d’Annaba, au moment où le pays traverse une crise budgétaire, en partant du principe que le pôle mines et phosphate se situe traditionnellement à Annaba. Cependant, la structuration actuelle du projet risque d’induire des surcoûts logistiques et budgétaires pouvant être évitées. En effet, l’unité de Hdjar essoud se situe à proximité du port pétrolier de Skikda , ainsi que la zone pétrochimique de la Sonatrach. Il est connu que le Port pétrolier de Skikda bénéficie déjà d’investissements pour la réalisation de nouveaux quais destinés à recevoir de gros méthaniers à destination du marché asiatique ainsi que d’un nouveau quai avec un tirant d’eau de 16 mètres, sans oublier l’existence préalable d’une ligne de chemin de fer, qui pourrait faire l’objet d’une simple extension pour la relier à la nouvelle unité de Hadjar essoud. C’est une structure portuaire qui profite aussi de la technicité nécessaire à la gestion des risques industriels.  Il est vrai que le modèle de gestion des unités pétrochimiques de la Sonatrach a toujours misé sur la proximité de celles-ci avec une structure portuaire. Les unités de production d’urée et d’ammoniac  en partenariat avec (Sorfert et AOA), à Arzew misent sur cet avantage logistique. Une question demeure dès lors: pourquoi se départir de ce modèle pour ventiler un projet d’une telle importance stratégique de la sorte et prendre le risque de pâtir de surcoûts logistiques ? A moins que ce ne soit pour des considérations de lobbying purement régionalistes...

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