Présidentielles 2019 : en attendant la « fumée blanche »

« Le MPA se prononcera au moment opportun » à propos de sa participation ou non aux Présidentielles de 2019. C’est ce qu’a indiqué, ce samedi, son président Amara Benyounes lors d'une session ordinaire du Conseil national. Ce wait and see observé par la majorité de la classe politique serait dû à la position ambiguë du président Abdelaziz Bouteflika qui, à onze mois des élections présidentielles, n’a toujours pas laissé échapper de signes définissant ses projets. Partira, partira pas, cette situation a laissé la frileuse classe politique dans l’expectative donnant libre court à tout genre de spéculation sur un énième mandat ou sur une supposée « abdication ». La pleutrerie qui s’est emparée de certains partis politiques, inhibe chez eux l’idée même de penser à prétendre à la magistrature suprême. Cette peur mine l’environnement et laisse planer un climat électrifié. Hormis El Moustakbel et le MDS qui viennent d’afficher leurs ambitions présidentielles, aucun parti n’ose y faire allusion. Curieusement, personne ne semble intéressé de devenir president de la République algérienne du moins en apparence. Il y a ceux qui ont trouvé une cachette idéale prétendant être les soutiens du président, redoublant à chaque fois d’excès de zèle, allant jusqu’à le supplier de rempiler pour un cinquième mandat en dépit de son état de santé, il y a ceux qui, tapis dans l’ombre, attendent et souhaitent investir sur l’avenir immédiat au cas ou Bouteflika se succède à lui même et enfin, il y a ceux qui n’ont, étrangement, pas d’opinion à ce propos défiant la nature même de toute formation politique qui par essence milite pour accéder au pouvoir. Si le FFS et le PT ont trouvé la parade en se cachant derrière l’argument selon lequel la priorité doit être donnée à la Constituante et l’instauration de la 2eme République, le FLN accentue ses pressions pour pousser son président d’honneur à briguer un 5eme mandat, le RND reste « fidèle » et s’engage à ne pas présenter de candidat face à Bouteflika, ce qui a le mérite d’être clair. Au MPA, formation qui se déclare de la défunte alliance présidentielle, préfère quant à elle, attendre que le Conseil national se réunisse en « automne prochain pour prendre sa décision par rapport à cette échéance électorale ». Cela coïnciderait curieusement avec la rumeur d’une date limite devant laisser s’afficher enfin « la fumée blanche » annonçant la position du président de la République, date qui aurait été définie comme ultime échéance.

Une pensée sur “Présidentielles 2019 : en attendant la « fumée blanche »

  • 5 mai 2018 à 21 h 02 min
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    De la fumée blanche, cela fait penser à l’élection du Pape. Si, lui, est élu pour un mandat à vie au moins il fait l’unanimité dans la communauté ecclésiastique sans distinction régionaliste ou autre. Ce n’est nullement le cas chez nous (ou la fraude est courante) et ou la course à la suprématie est synonyme de lutte de clans. De plus, le petit peuple que nous sommes, et qui n’est toujours pas arrivé à maturité pour décider seul de son avenir, ne sait toujours pas voter ni pour désigner ses propres représentants dans les assemblées et encore moins dans les présidentielles. Il n’ y a qu’à voir ces zigotos qui font le buzz dans l’hémicycle. Le chemin vers la Démocratie véritable est encore très loin. Pauvre Algérie !

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