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Entretien avec Ammar Belhimer, ministre de la Communication - Cap Algérie

Entretien avec Ammar Belhimer, ministre de la Communication

1- Vous avez lancé, dès votre installation à la tête du département de la communication, dix chantiers de réformes sur le plan réglementaire, institutionnel et organisationnel. Quel bilan d’étape pouvez-vous faire de la mise en œuvre de ces chantiers ?

Festina Lente. Cette locution latine prononcée initialement par Auguste, d’après Suétone, signifie « hâte-toi lentement ». Manière de dire qu’il faut aller relativement lentement et patiemment pour réussir plus vite un travail bien fait. J’étais dans cet état d’esprit au lendemain de ma nomination par M. le président Abdelmadjid Tebboune en qualité de ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement. En effet, J’avais fixé dix chantiers de réformes essentielles du secteur. Toutes importantes, fondées sur le principe clair et crucial de la « domiciliation du droit » là où il a été bafoué, ignoré et également là où il n’existe pas encore, ou bien quand il est caractérisé par l’imprécision ou l’ambigüité.
Toutes ces réformes sont prioritaires mais les plus urgentes sont sans conteste la mise en conformité rapide avec la loi de la presse électronique, le rapatriement des télévisions de droit offshore à la loi algérienne et l’énoncé de critères d’éligibilité simples et clairs à la publicité publique, prélude à l’élaboration d’une loi sur la publicité dont le pays ne s’est jamais doté depuis l’Indépendance.
Dès le début de ma prise de fonction, j’avais arrêté aussi une liste d’ateliers de réflexion participative et inclusive avec les professionnels du secteur et les experts. Le premier, au vu de l’urgence et des instructions ad hoc du chef de l’Etat en personne, fut consacré à la presse numérique et a permis d’identifier les problèmes et les acteurs. Et surtout d’en récolter des idées intéressantes qui nous ont permis d’élaborer un texte réglementaire de légalisation des sites numériques (au moins 150 titres, selon des estimations, dont certains sont déjà enregistrés au ministère de la Communication. Ce texte d’application de la loi sur l’Information de 2012 (toujours en vigueur), proposé à l’enrichissement de différents départements ministériels, sera soumis, dans les meilleurs délais, au gouvernement.
Le second atelier de réflexion, a été dédié au syndicalisme dans la presse. L’idée simple était qu’on ne peut pas faire le bonheur des gens à leur place. Il convient alors d’inciter fortement les différents acteurs de la profession à prendre en charge leurs problèmes en s’organisant dans un cadre syndical approprié. Soit en créant des syndicats professionnels et des associations de journalistes, de photographes, des métiers graphiques, des techniciens, ainsi que des sociétés de rédacteurs et autres associations d’éditeurs, etc.
Ce chantier me paraissait aussi symbolique qu’urgent, du fait même que la presse algérienne, privée et publique, se distingue par un des plus faibles taux de syndication dans le monde et dans l’histoire de la presse universelle ! Se pose donc, indépendamment du nombre réduit de syndicats, la question de la représentativité et de la crédibilité que les professionnels doivent régler par eux-mêmes. Dans mon esprit, je me devais d’intervenir dans le seul but de les inciter à se syndiquer davantage car les problèmes de la presse ne seront pas réglés de la manière la plus efficace par l’Administration qui ne peut interférer dans la gestion directe de l’acte d’informer.
Nous devions enchaîner ensuite sur un troisième atelier de brainstorming au profit de la presse régionale, la presse de proximité et la presse dans les zones d’ombre si nombreuses dans le pays et notamment dans les régions des Hauts-Plateaux et du Grand Sud. Cet atelier devait se tenir à Ouargla. Vous savez que la géographie et l’économie de la presse algérienne sont à nulles autres pareilles dans le monde ! Dans la mesure où nous sommes le seul pays au monde à compter le plus de titres de journaux quotidiens et de surcroit à vocation nationale ! Nous ne possédons donc pas ou très peu de journaux de proximité, y compris en ligne ! Remarquez bien, ici, combien de fois j’ai usé du point d’exclamation ! C’est dire !
L’idée consistait donc à lancer une réflexion commune sur les moyens de développer une presse régionale et de proximité, au plus près des réalités locales et des préoccupations des gens. Mais comme dit la maxime arabe, les vents ne sont pas toujours favorables aux voiles des navires ! Survint alors le risque majeur, à l’échelle planétaire, de la pandémie du Coronavirus dans des formes de propagation, d’évolution et de mutation que l’humanité n’arrive pas encore à bien comprendre et à maîtriser. Cela a impliqué par conséquent la mobilisation du pays et de tous les efforts des pouvoirs publics pour faire face à cette menace imprévisible. Ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement et co-président avec le ministre de la Santé de la Commission scientifique nationale chargée par M. le président de la République de suivre l’évolution du Covid-19 et de lui formuler des propositions de solutions, j’ai été moi aussi, ces cinq derniers mois, sur la brèche et en première ligne du combat national contre le mal invisible absolu !
D’où, logiquement, la mise entre parenthèses des chantiers de réforme de notre secteur dont la dynamique de transformation sera relancée dès que les conditions de riposte nationale au développement du Coronavirus seront beaucoup moins contraignantes.

2- Un nouveau chantier de restructuration des groupes publics de communication vient d’être lancé. Va-t-il induire l’émergence de nouveaux groupes de communication et de médias ? S’agit-il de prendre en charge le déficit de certaines entreprises du secteur, à l’image des imprimeries publiques ?

En fait, il n’est pas encore question d’un nouveau chantier de restructuration des groupes publics de communication qui aurait été lancé en bonne et due forme. Il s’agit à l’heure actuelle de la nomination de nouveaux DG et PDG d’entreprises du secteur économique de la Communication. Des responsables chargés d’assainir des sociétés assises actuellement sur des déséquilibres structurels, financiers et humains, et qui accumulent déficits de tous genres et pertes d’argent. Ces nouveaux dirigeants sont chargés de les préparer à constituer à terme des groupes économiques autonomes sous l’égide du CPE, le Conseil des participations de l’Etat qui dépend du Premier ministre. Sont ainsi concernés l’ANEP, les Imprimeries et les six titres de la presse écrite publique. En réalité, leur transformation en groupes économiques autonomes a déjà été actée en 2017 par les pouvoirs publics qui avaient décidé le passage du statut de SGP (Sociétés de gestion des participations de l’Etat) à celui de groupes économiques autonomes. Je vous signale à ce propos que le secteur de la Communication est aujourd’hui le seul à ne pas avoir opéré cette mutation. Il ne s’agit donc pas, pour répondre directement à votre question, de prendre en charge le déficit de certaines de ces entreprises, qu’il s’agisse des titres de presse de l’agence d’édition et de publicité ou des titres de presse. Une fois assainies, ces entreprises devraient se diversifier et produire de la richesse pour ne plus avoir à dépendre du budget du ministère de la Communication ou de la manne providentielle de l’ANEP qui maintient notamment les six journaux publics sous perfusion financière permanente.

3- A ce propos justement, une opération d’assainissement de l’agence nationale d’édition et de publicité a été lancée. Mais à terme, l’ANEP continuera-t-elle à bénéficier du monopole de la publicité publique ? La publicité publique continuera-t-elle à constituer l’essentiel des aides de l’Etat à la presse et aux médias ? La nouvelle loi sur la publicité soumettra-t-elle la publicité publique aux lois du marché ?

Il y a trois questions spécifiques dans votre question générique. L’ANEP est en effet engagée depuis début avril dans une profonde opération d’assainissement conduite en interne par un Conseil d’administration cohérent, compétent et doté d’une vision stratégique pour une entreprise d’édition, de publicité, de communication, d’affichage, de messagerie et d’événementiel réduite depuis plus de deux décennies à la seule gestion clientéliste et politique de sa régie pub. Une fois assainie sur tous les plans, restructurée en profondeur et diversifiée, l’activité publicitaire ne sera plus alors l’alpha et l’oméga de son activité. A ce moment-là, la loi sur la publicité aura vu le jour. Nous verrons alors, en temps utile, si l’ANEP continuera ou non à bénéficier du monopole de la publicité publique. La réponse à cette question est prématurée. Pour l’instant, il s’agit d’appliquer des règles d’éligibilité simples, justes et équitables pour que la manne publicitaire publique soit réellement une aide distribuée à la presse pour mieux survivre et, de préférence, à se développer et se moderniser afin d’être un outil réellement efficace au service de la promotion de la culture démocratique dans le pays.

En attendant, la publicité publique continuera effectivement à constituer l’essentiel des aides de l’Etat à la presse nationale dans son ensemble. Indépendamment des futurs ressources du Fonds d’aide à la presse qui a été gelé en 2015 et vu ses réserves transférées au Trésor Public. Ce Fonds, et c’est là une vraie bonne nouvelle, a été réactivé sur décision du Premier ministre et à ma demande. Il sera donc alimenté à des niveaux qui restent à définir. D’ici à ce que les lois du marché et du pluralisme (elles vont le faire, au risque d’abus de position dominante ou monopolistique) soient appliquées à la presse, cette dernière bénéficiera donc de deux sources de subvention directes ou indirectes, via l’ANEP et ce Fonds d’aide.

S’agissant de la loi sur la publicité qui reste à établir, elle énoncera probablement que les règles de l’offre et de la demande( donc de l’audience des titres et des sites) prévaudront nécessairement un jour ou l’autre. Mais on devrait passer obligatoirement par une période de transition durant laquelle l’ANEP continuera, sur la base de critères simples, clairs et justes, à gérer la publicité publique, car si on devait appliquer les règles du marché, ici et maintenant, on signerait alors la mort subite de dizaines de titres de presse sur papier ou en ligne qui sont déjà assez fragilisés par l’absence de modèles économiques viables et d’offres éditoriales crédibles, sans compter la période de crise actuelle aggravée par les conséquences économiques de la pandémie du Covid-19.

4- Quelles sont les formes que pourrait prendre l’aide de l’Etat à la presse et quels sont les critères qui pourraient être retenus pour l’attribution de ces aides ?

Comme je l’ai déjà dit plus haut, et en attendant le futur arbitrage du marché, l’aide de l’Etat sera rationnellement répartie à travers deux canaux institutionnels : l’ANEP qui a déjà édicté une quinzaine de critères pratiques tout droit inspirés de la reglementation en vigueur, de l’esprit d’équité et même du simple bon sens. Le niveau de ses ressources sera fonction des disponibilités nationales qui se rétrécissent à vue d’œil et dont la gestion obéit au strict souci de rationnaliser et d’économiser par ces temps de crise économique aigue et d’incertitudes liées surtout à la résorption définitive de la crise majeure provoquée par la prégnance du Coronavirus.

Parmi les critères retenus pour bénéficier de la publicité publique et du Fonds d’aide à la presse, figure en tête le critère d’entreprise citoyenne et vertueuse. Une entreprise à jour de ses impôts et de ses cotisations sociales, qui établit des contrats de travail réglementaires, qui paie correctement ses salariés en CDI ou en CDD, qui publie les chiffres de ses tirages ou de son audience numérique, de même que ses bilans annuels et précise la provenance de ses fonds de financement. Bref, une entreprise transparente qui joue son rôle de défenseur du pluralisme des idées et de contributeur au développement de la culture démocratique, qui s’acquitte de son obligation d’assurer un service public minimum et qui respecte son devoir patriotique, de manière libre mais dans le respect de l’éthique et du droit.

5- Les médias algériens, notamment la presse écrite et la presse magazine sont réduits aux limites du marché algérien. Pourquoi à votre avis ? Peut-il y avoir des mesures réglementaires et des facilitations pour permettre d’exporter la voix de l’Algérie via la presse à l’étranger ?

La réponse à cette question est déjà partiellement dans la réponse précédente. Mais je dirais encore que les médias algériens en général, la presse écrite quotidienne et la presse magazine en particulier dont le nombre de titres est assez limité à l’heure actuelle, n’obéissent pas seulement aux limites du marché. Elles sont également le résultat des conditions intrinsèques. En premier lieu leurs modèles économiques et leurs choix éditoriaux qui sont rarement attractifs, viables, fiables et crédibles. Un certain amateurisme et une médiocrité endémique caractérisent en effet de nombreuses offres éditoriales numériques ou de format papier. La qualité de ces offres diverses est justement un des facteurs structurants du marché.

Les entreprises de presse doivent donc devenir de vraies entreprises médiatiques. Il n’est pas trop tard de bâtir des projets fondés sur des concepts médiatiques novateurs, des business-plans et surtout une vision claire du projet et de son environnement économique, culturel et politique. Et d’apprendre à choisir ses cibles, à se spécialiser, à former ses ressources humaines et à bien les traiter sur tous les plans : financier, administratif et humain. Et à privilégier la qualité éditoriale et avoir le souci permanent d’informer, d’éclairer, de produire du sens, de faire de la pédagogie, de promouvoir l’image de marque de notre pays. A être critiques en permanence et vigoureusement, mais de manière constructive, c’est-à-dire argumentée. C’est à toutes ces conditions de rigueur et de performance que l’aide publique à l’exportation médiatique de la voix de l’Algérie sera possible et justifiée.

6- Le département de la communication et l’ARAV ont, à plusieurs reprises, fait le constat de dépassements de la part des chaînes de télévision offshore. Vous avez vous-mêmes été contraint de réagir. Mais au-delà des mises au point ponctuelles, risque-t-il d’y avoir des mesures coercitives à l’encontre de certaines chaines ? Quelles sont les mesures que votre département compte prendre pour mettre fin aux dépassements, régulariser la situation de ces chaînes et les soumettre au seul droit algérien ?

Vous l’avez-vous-même constaté, l’ARAV, l’Autorité de régulation de la presse audiovisuelle que préside l’enseignant de droit Mohamed Louber et moi-même avions été contraints plus d’une fois à réagir pour rappeler à l’ordre certaines télés offshore. Pour les exhorter au respect de l’éthique, de la loi, de la vie privée et de l’honneur des personnes. Ces télévisions, qui sont toujours de droit étranger, se sont rendues coupables de manquements répétés à l’éthique et d’actes diffamatoires à l’endroit de personnes et parfois d’institutions. Jusqu’ici, il n’a été question que de mises en garde, d’avertissements, de rappels à l’ordre, à la sagesse et à la pondération, sachant que beaucoup de ces chaines sont dans la quête frénétique du buzz et de l’audimat à tout prix !

L’ARAV, qui est, par vocation et en vertu de la loi, le gendarme de l’audiovisuel, a fait alors preuve d’un certain esprit de tolérance malgré le ton parfois sévère de certaines de ses réactions. Ce qui est tout à son honneur sachant que le président de l’Autorité privilégie l’arbitrage initial de la conscience des uns et des autres et fait appel leur sens du respect de l’éthique et de la déontologie. Moi-même, j’ai du parfois appuyer ses interventions, dans les limites de mon propre champ d’intervention.

Mais attention, faire preuve d’esprit de tolérance et d’ouverture n’est pas se montrer faible ou permissif à l’excès. En cas de récidives et de dépassements intolérables, force restera donc à la loi et des mesures coercitives seraient prises certainement. Disons-le donc sans ambages.

7- Dans ce contexte, la question du rôle et de la place des médias publics, des mass-médias notamment se pose. Quelle est votre vision par rapport à cette question ? Peut-on s’attendre à une réorganisation et une refonte du fonctionnement des médias publics ?

Cette question me semble être une redite. J’ai déjà répondu peu ou prou à ce propos en réaction à la première et à la seconde question. Je répéterai toutefois que les médias publics audiovisuels et écrits sont appelés à être réorganisés de manière profonde. C’est l’époque qui l’exige et qui implique de les moderniser et de les transformer en entreprises organisées en portails numériques offrant des produits variés. C’est-à-dire une offre basée sur le texte, le son et l’image, ce qui est une règle valable pour tout le monde : presse écrite imprimée, sites électroniques, radios et télés.

Cette évolution nécessaire est parfaitement conforme à la volonté et à la vision du Président de la République lui-même qui a fait de son 6ème engagement pour la fondation de la Nouvelle République un pilier essentiel. Sur la base de ce sixième engagement républicain, le chef de l’Etat, alors candidat libre de toute attache partisane à la magistrature suprême, a promis de s’investir pleinement pour l’avènement « d’une presse libre et indépendante, respectueuse des règles du professionnalisme, de l’éthique et de la déontologie, érigée en vecteur de l’exercice démocratique et protégée de toute forme de dérive ».

8- Parmi les chantiers de réformes les plus importants, celui relatif aux médias digitaux. Des textes sont en voie de finalisation. Peut-on s’attendre à la promulgation prochaine de ces textes ? Les questions relatives à l’hébergement des sites et aux noms de domaine DZ soulevées par les professionnels du secteur ont-elles été prises en charge ?

Là aussi je veux éviter la redondance dans mes réponses vu que vous avez évoqué cette question auparavant. Je ne pourrais par conséquent que réaffirmer les choses. Oui, un texte réglementaire, et non une loi, sera promulgué au sujet de la presse numérique dont nous voulons légaliser l’existence de fait, afin de lui permettre notamment de bénéficier légalement de la publicité et de tout autre forme d’aide publique à la presse. Les observations et autres préconisations des professionnels ont été prises en compte dans leur ensemble.

Le développement de la presse numérique sera cependant abordé, de manière plus large et plus approfondie, dans la loi sur l’Information et la Communication dont la remise à plat s’imposera. Et cela se fera à la lumière des nouveaux paradigmes que portera la future Constitution dont on sait déjà qu’elle élargira le champ des libertés.

9- Vous souhaitez développer l’activité de sondage. Quelles sont les actions que votre département compte lancer dans ce sens ?

Nous sommes là dans un domaine d’activité intellectuelle, culturelle, économique et politique tout à fait nouveau pour le pays. Comme vous le savez il n’existe pas ou presque dans notre pays d’instituts de sondages dignes de ce nom, à deux exceptions près. Et encore, leur activité reste marginale. Il s’agira donc d’encourager le développement de ces outils de mesure de l’opinion et en particulier de son état de satisfaction. Pour l’Exécutif, il s’agira de créer au moins un institut de sondage public ou en partenariat avec le privé, aux normes internationales. Il sera notamment utilisé comme baromètre en périodes d’élections, et servira aussi d’instrument d’alerte et d’orientation pour mieux appuyer les choix en matière de politiques publiques.
Stop et fin.

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