Madrid a annoncé lundi la fermeture de son espace aérien aux appareils militaires américains impliqués dans les opérations contre l’Iran, interdisant également l’utilisation des bases américaines situées sur son territoire dans le cadre de ce conflit, selon les informations rapportées par le quotidien El País.
La ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles, a confirmé que l’utilisation des bases américaines présentes en Espagne n’était « pas autorisée » pour des opérations liées à la guerre en Iran. L’espace aérien espagnol est lui aussi fermé à tout appareil engagé dans ce conflit. Une décision qui marque une rupture nette entre Madrid et Washington sur ce dossier et qui traduit l’opposition ferme du gouvernement espagnol de gauche aux frappes américano-israéliennes contre Téhéran.
L’Espagne abrite plusieurs installations militaires américaines sur son territoire, héritages des accords de défense bilatéraux conclus pendant la Guerre froide. La base navale de Rota, dans le sud du pays, et la base aérienne de Morón de la Frontera constituent des points d’appui logistiques importants pour les forces américaines en Méditerranée et au Moyen-Orient. En fermant ses bases et son espace aérien, Madrid entend éviter toute implication directe ou indirecte dans les opérations militaires en cours, rapporte El País.
Cette prise de position intervient dans un contexte d’escalade militaire au Moyen-Orient. Depuis le lancement le 28 février d’une offensive aérienne conjointe par les États-Unis et Israël contre l’Iran, le conflit a provoqué des pertes humaines considérables et engendré des perturbations sécuritaires et économiques à l’échelle internationale. Plusieurs capitales européennes ont exprimé leur malaise face à cette intervention, mais l’Espagne est l’un des premiers pays de l’OTAN à traduire son opposition en mesures concrètes restreignant la liberté de manœuvre militaire américaine sur son sol. La décision de Madrid pourrait inciter d’autres alliés européens à clarifier leur propre position sur l’utilisation de leurs infrastructures dans le cadre de ce conflit. R.I




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