Le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, le général d’armée Saïd Chanegriha, a reçu mardi au siège de l’état-major l’amiral George Wikoff, commandant des Forces navales américaines en Europe et en Afrique et commandant des Forces conjointes de l’OTAN.
La rencontre a porté sur l’état de la coopération militaire bilatérale et les questions d’intérêt commun. Elle a aussi été l’occasion pour le général d’armée de réaffirmer, sans ambages, l’attachement de l’ANP et plus largement de l’Algérie aux principes de non-alignement et au respect de sa souveraineté.
Les deux délégations ont examiné la trajectoire des relations militaires algéro-américaines depuis la signature, en janvier 2025, d’un mémorandum d’entente dans le domaine de la coopération militaire. Dans son allocution, Chanegriha a relevé que «les relations militaires bilatérales connaissent une nouvelle dynamique, notamment après la signature du mémorandum d’entente dans le domaine de la coopération militaire en janvier 2025», ajoutant que «cette démarche s’inscrit en droite ligne de la volonté des deux pays de construire un partenariat stratégique, fondé sur le respect mutuel et au service des intérêts communs». Il a cité en exemple la récente visite du commandant de l’AFRICOM à Alger, qui a, selon lui, «contribué au renforcement des canaux de communication sur les questions sécuritaires et stratégiques».
Mais c’est la conclusion de son allocution qui donne à cette rencontre sa tonalité particulière. Le général d’armée a tenu à rappeler sans détour la ligne de conduite de l’Algérie : «l’Algérie, dans le cadre de sa démarche résolue visant à consolider ses relations de coopération avec les différents États, demeure profondément attachée au principe de non-alignement, à son indépendance et à sa souveraineté décisionnelle.» Il a ancré ce principe dans l’histoire : «C’est pour l’ensemble de ces principes sacrés, dont nous attendons de nos partenaires qu’ils les apprécient à leur juste valeur et les respectent, que notre pays a consenti, depuis 1830 jusqu’à 1962, le sacrifice de plus de cinq millions six cent trente mille martyrs, dont un million et demi de martyrs entre 1954 et 1962.»
Un rôle central pour l’Algérie dans la sécurité de la Méditerranée
Ce rappel n’est pas une nouveauté de circonstance. Il constitue l’une des constantes les mieux établies de la doctrine algérienne en matière de défense et de politique étrangère. L’ANP entretient et développe ses coopérations sur plusieurs axes simultanément — avec ses partenaires traditionnels comme la Russie, la Chine et les pays arabes et africains frères, et avec des partenaires occidentaux, dont les États-Unis, sans que l’un de ces axes ne prenne le pas sur l’autre ni ne conditionne les autres. La visite de l’amiral Wikoff s’inscrit dans ce cadre.
De son côté, l’amiral Wikoff a exprimé sa satisfaction de sa visite en Algérie et a salué «la contribution de l’Armée nationale populaire au maintien de la sécurité maritime dans le bassin occidental de la Méditerranée». Il a également indiqué son ambition d’œuvrer au renforcement de la coopération militaire bilatérale et multilatérale.
Avant sa rencontre avec le général d’armée Chanegriha, l’amiral américain avait été reçu au siège du commandement des Forces navales par le général-major Mahfoud Ben Meddah. Les deux parties y ont examiné les voies de développer la coordination et les échanges d’expériences dans le domaine de la sécurité maritime, «afin de contribuer au maintien de la sécurité et de la stabilité dans la région d’intérêt», selon le communiqué du ministère de la Défense nationale. La séquence de cette journée traduit un engagement sérieux de la part de l’Algérie sur les dossiers techniques, adossé à une ligne politique que Chanegriha s’emploie à rappeler.
Massinissa Raïs


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