La ZLECAf au cœur des ambitions africaines

Alger a vibré au rythme de l’Afrique ce week-end. Pour la douzième année consécutive, le Forum africain de l’investissement et du commerce a réuni des décideurs, des entrepreneurs et des experts venus débattre de l’avenir économique du continent. Et cette édition avait une priorité claire, accélérer enfin l’activation de la Zone de libre-échange continentale africaine, la ZLECAf, ce projet ambitieux qui cristallise tant d’espoirs.

Car l’urgence est là. L’Afrique regorge de ressources, de talents, d’énergie entrepreneuriale — mais ses économies continuent de se regarder en chiens de faïence, freinées par des barrières commerciales qui coûtent cher à tout le monde. Pendant deux jours de débats nourris, les participants ont cherché ensemble les leviers capables de changer la donne, comment soutenir les start-up et les PME, comment rendre l’environnement d’investissement véritablement attractif, comment transformer la ZLECAf en réalité quotidienne pour les entrepreneurs africains.

La représentante de l’Union africaine, Ron Osman Omar, a mis le doigt sur une contradiction persistante. Le continent exporte encore trop souvent ses richesses brutes, sans les transformer. Créer de la valeur ajoutée sur place, c’est créer des emplois, c’est donner aux jeunes Africains une raison de construire chez eux. Amany Asfour, présidente du Conseil économique africain, a quant à elle rappelé que malgré les obstacles, quelque chose bouge. Les pays africains apprennent à parler d’une même voix, à coordonner leurs efforts dans des secteurs stratégiques. C’est lent, mais c’est réel. Mourad Ami, représentant des Douanes algériennes, a invité à la patience. La ZLECAf produit déjà des résultats concrets, mais un chantier de cette ampleur demande du temps pour que ses effets se mesurent pleinement.

Le forum a également réservé une place de choix aux femmes entrepreneures, trop souvent absentes des grandes conversations économiques. Les échanges ont mis en lumière les obstacles spécifiques qu’elles affrontent dans le monde des affaires africain, tout en soulignant avec force qu’elles sont des partenaires incontournables de l’innovation et du développement. Des mécanismes juridiques et financiers adaptés à leur réalité ne sont pas un luxe — ils sont une nécessité stratégique pour le continent. R.E

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