ABS accélère en Afrique de l’Ouest : cap sur Niamey, puis Abidjan

Moins de deux ans après son lancement au Sénégal, la Banque algérienne au Sénégal (ABS) veut changer d’échelle. Son directeur général, Abdelhafid Haned, a annoncé dimanche à Alger que l’établissement, opérationnel à Dakar depuis fin 2023, prévoit d’ouvrir une succursale au Niger, à Niamey, avant d’envisager une implantation similaire en Côte d’Ivoire. « La demande d’agrément pour une nouvelle succursale de la banque au Niger a été déposée il y a une dizaine de jours auprès des autorités monétaires compétentes », a-t-il déclaré en marge de la 12e édition du Forum de l’investissement et du commerce organisé par le Centre arabo-africain pour l’investissement et le développement (CAAID). L’ouverture est attendue « pour la fin de l’année en cours ou début 2027 », a-t-il ajouté, en l’inscrivant dans « la vision algérienne visant à renforcer la présence bancaire en Afrique et accompagner les entreprises algériennes et les opérateurs sur le continent ».

Pour le patron d’ABS, Niamey représente un point d’ancrage stratégique. La future succursale au Niger constituera « une nouvelle valeur ajoutée et une étape importante » pour la banque, a-t-il souligné, en mettant en avant « les potentialités économiques » du pays et l’effet d’entraînement des accords conclus récemment entre Alger et Niamey. Il cite notamment les partenariats signés par Sonelgaz, Sonatrach et Algérie Télécom, appelés à ouvrir « d’énormes perspectives de coopération dans divers domaines ». Dans cette configuration, la présence bancaire est vue comme un maillon indispensable : elle doit sécuriser les flux, faciliter les paiements et offrir des solutions de financement aux entreprises engagées dans des projets transfrontaliers.

Au-delà du Niger, Abdelhafid Haned affirme que l’ouverture de deux nouvelles succursales — Niger puis Côte d’Ivoire — permettra de transformer ABS en « pôle bancaire régional » en Afrique de l’Ouest. Une ambition qui s’appuie sur un modèle hybride : la banque ne se limite pas aux produits de financement. Elle propose aussi, selon son DG, des services de conseil et d’orientation sur le cadre juridique et réglementaire, afin d’aider les hommes d’affaires à comprendre le marché sénégalais, qu’il s’agisse d’investissement local ou d’exportation. ABS met en avant des solutions « personnalisées », notamment pour identifier les secteurs « les plus adaptés et les plus rentables » pour les opérateurs.

Créée avec un capital de 100 millions de dollars, ABS est le fruit d’un partenariat entre quatre banques publiques algériennes : la Banque nationale d’Algérie (BNA) détient 40% du capital, le Crédit populaire algérien (CPA) 20%, la Banque extérieure d’Algérie (BEA) 20% et la Banque de l’agriculture et du développement rural (BADR) 20%. Une architecture pensée pour porter l’expansion régionale des entreprises algériennes et soutenir l’ambition d’intégration économique africaine.

Lors du même forum, Aboubacar Diallo, directeur exécutif de la Banque algérienne en Mauritanie (Algerian Union bank-AUB), a relevé la dynamique du partenariat algéro-mauritanien, indiquant qu’après l’ouverture de trois agences en Mauritanie, le volume des échanges commerciaux bilatéraux a atteint environ 500 millions de dollars l’an dernier. Les participants ont, de leur côté, insisté sur l’investissement dans le capital humain, l’appel à une plateforme numérique unifiée de transfert de données et la nécessité de développer des moyens de paiement modernes — autant de conditions pour faire de la présence bancaire algérienne à l’étranger un levier concret de développement et d’échanges. R.E

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