Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a présidé lundi à Alger l’ouverture d’une journée d’information consacrée au renforcement de l’efficacité du guichet unique de l’investissement, organisée par l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) sous le slogan « Le guichet unique : de l’idée à la concrétisation ». Devant des membres du gouvernement, des organisations patronales et des responsables d’entreprises, l’exécutif a voulu envoyer un message simple aux porteurs de projets : l’Algérie veut en finir avec le parcours administratif à rallonge et faire de l’AAPI « l’unique interlocuteur effectif » de l’investisseur, conformément aux orientations du président Abdelmadjid Tebboune, rapporte l’APS.
Pour étayer cette ambition, le Premier ministre a mis en avant les chiffres enregistrés depuis l’entrée en vigueur du nouveau système. « L’entrée en vigueur du nouveau système d’investissement a permis à l’AAPI d’enregistrer plus de 20 000 projets d’investissement, pour une valeur globale déclarée dépassant 9 000 milliards de dinars, avec une prévision de création de plus de 525 000 emplois », a-t-il indiqué, rappelant que l’AAPI est entrée en activité en novembre 2022. Selon lui, ces résultats « ne sont pas de simples indicateurs statistiques, mais une preuve évidente du retour de la confiance ».
Mais le cœur de la rencontre a porté sur ce qui bloque souvent la concrétisation : la décision administrative et le foncier. Sifi Ghrieb a expliqué qu’une réforme globale est engagée pour faire évoluer l’agence « d’un guichet administratif classique vers une administration intégrée », structurée « autour des besoins réels des investisseurs et des exigences du terrain ». L’objectif, a-t-il insisté, est de « simplifier l’ensemble du système d’investissement, de mettre fin à la lenteur du traitement des demandes, à la dispersion des responsabilités et à la complexité des procédures administratives ». Le Premier ministre a résumé l’esprit de la réforme : ce qui est mis en œuvre « n’est pas une simple amélioration mineure des procédures, mais une transformation profonde de la relation entre l’État et l’investisseur ».
Dans cette logique, les représentants des administrations au niveau du guichet unique changent de statut : ils ne sont plus de simples transmetteurs, mais des « décideurs à part entière », habilités à instruire les dossiers, traiter et signer des documents, avec une responsabilité directe sur les opérations confiées, tandis que leurs administrations d’origine doivent leur permettre de délivrer « l’ensemble des documents et autorisations nécessaires en un lieu unique ». La nouvelle réglementation impose en outre des délais encadrés : 25 jours de traitement en règle générale, et 20 jours pour les infrastructures classées, « un engagement réglementaire contraignant pour toutes les entreprises concernées », a souligné le Premier ministre. La dématérialisation, la réduction du nombre de copies et la numérisation sont présentées comme la clé d’une meilleure traçabilité, d’un renforcement de la transparence et d’une action administrative plus efficace.
Sur le foncier économique, « des changements substantiels » sont annoncés : l’évaluation des projets s’appuiera sur une grille de notation révisée, fondée sur des critères « plus clairs », et le Conseil d’administration de l’AAPI – dont la composition a été élevée au rang de secrétaires généraux de ministères – tranchera selon les priorités de développement et l’impact attendu. Une fois la décision prise, l’AAPI devra répondre à l’investisseur « dans un délai record de 48 heures ». Une promesse de rapidité que les entrepreneurs, habitués aux attentes, jugeront désormais à l’épreuve du terrain. R.E




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