Environ 19,5 millions de Soudanais, soit plus de 40 % de la population, sont confrontés à une faim aiguë, alors que ce pays d’Afrique du nord-est reste le théâtre de la plus grande crise humanitaire et la plus importante crise de déplacements de population au monde, montrent les données du Cadre intégré de classification sur la sécurité alimentaire (IPC), publiées jeudi.
Les dernières données du Cadre intégré de classification sur la sécurité alimentaire (IPC), une initiative mondiale soutenue par l’ONU, sont légèrement inférieures à celles de l’automne dernier, qui s’élevaient à 21,2 millions de personnes.
Plus de 5 millions de personnes sont classées en phase 4 de l’IPC (urgence), tandis que 14 millions d’autres se trouvent en phase 3 de l’IPC (crise).
La situation devrait encore se détériorer au cours de la prochaine saison de disette, de juin à septembre. Quelque 14 zones des Etats du Darfour du Nord, du Darfour du Sud et du Kordofan du Sud restent menacées par la famine, où 135.000 personnes sont confrontées à des niveaux de faim « catastrophiques ».
« Ces zones sont classées en phase 5 de l’IPC le niveau dit de « catastrophe » marquée par des pénuries alimentaires extrêmes, la famine, des niveaux très élevés de malnutrition et des décès dus aux maladies ou à la malnutrition aiguë », détaille le document.
Cette évaluation repose sur « un scénario pessimiste mais plausible », marqué par une intensification des combats et de nouvelles restrictions à l’accès humanitaire ainsi qu’à la circulation des biens et des personnes.
Parmi les zones menacées par la famine pour la période de juin à septembre 2026 figurent certaines régions du Darfour du Nord qui accueillent les personnes ayant fui El Fasher, notamment Tina, Um Baru et Kernoi.
Dans les zones précédemment classées en phase de famine (phase 5 de l’IPC) – les villes d’El Fasher (Darfour du Nord) et de Kadugli (Kordofan du Sud) -, l’amélioration relative de la sécurité alimentaire est largement attribuable au fait que les populations touchées par la faim extrême se sont déplacées vers d’autres localités, où elles ont, dans une certaine mesure, obtenu un meilleur accès aux approvisionnements humanitaires et commerciaux.
Ces progrès sont toutefois inégaux et ne s’étendent pas aux zones très isolées, telles que les localités d’Um Baru, Kernoi et Tina, où les conditions restent désastreuses et sont probablement sous-estimées en raison de l’insécurité et du manque de données.
Par ailleurs, quelque 825.000 enfants devraient souffrir de malnutrition aiguë sévère. Il s’agit d’une hausse de 7 % par rapport à 2025 et de 25 % par rapport aux niveaux d’avant le conflit (2021-2023). Or, les difficultés d’accès et la poursuite du conflit – notamment au Darfour du Nord et au Kordofan du Sud – ont réduit l’accès aux traitements vitaux et la qualité des services, augmentant ainsi le risque de décès.
D’octobre 2026 à janvier 2027, toutes les zones exposées à un risque de famine en juin-septembre 2026 resteront menacées, à l’exception de la localité de Beliel au Darfour du Sud, où la récolte devrait apporter un soulagement global suffisant pour prévenir la famine. APS


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