En ce lundi marqué par la célébration de la Journée mondiale de l’Afrique, l’Algérie ne se contente pas de commémorer une date symbolique ; elle réaffirme sa position de pivot central dans l’architecture continentale. Fidèle à l’héritage des pères fondateurs et aux principes immuables de la Charte de l’Union africaine (UA), Alger porte une vision claire et souverainiste : les crises africaines exigent des « solutions africaines ». Cette doctrine, qui place la préservation de l’intégrité territoriale au-dessus de tout, guide l’action algérienne, notamment au sein du Conseil de paix et de sécurité de l’UA, où la sécurité nationale est pensée comme indissociable de la stabilité régionale face aux menaces transcontinentales comme le trafic de drogue ou la traite des êtres humains.
Sous l’impulsion du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, cette stratégie sécuritaire s’est doublée d’une dynamique économique robuste. Le chef de l’État a maintes fois souligné que le développement est le meilleur rempart contre l’extrémisme, transformant l’intégration économique en priorité absolue. Cette vision s’incarne dans le soutien au NEPAD et l’organisation de rendez-vous continentaux majeurs, tels que la 4e édition du salon du commerce intra-africain (IATF 2025), le processus d’Oran sur la paix et la sécurité, ou encore les conférences sur la production pharmaceutique locale et les start-up. Alger se positionne ainsi comme un hub incontournable, capable de réunir les intelligences du continent pour bâtir son autonomie.
Ce retour au premier plan diplomatique a été consacré lors du 39e sommet de l’UA à Addis-Abeba, où le rôle précurseur de l’Algérie a été salué par l’adoption de la Déclaration d’Alger sur les crimes du colonialisme. Pour Idriss Attia, professeur de sciences politiques interrogé par l’APS, l’Algérie est devenue une « boussole stratégique » pour le continent. Il analyse que les nombreuses visites de haut niveau, incluant celle du président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, et du secrétaire exécutif de la CEA, Claver Gatete, constituent un « aveu clair que la stabilité du continent passe par la diplomatie algérienne ».
Selon l’expert, Alger a adopté une « diplomatie de la réalisation » à travers des projets structurants comme la route transsaharienne ou le réseau de fibre optique, visant à briser la dépendance vis-à-vis de l’étranger. En défendant des causes structurantes, dont le droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination, et en plaidant aux Nations unies contre l’injustice historique faite à l’Afrique, l’Algérie s’impose comme un leader géopolitique. Elle offre au continent une voix puissante pour naviguer vers un monde multipolaire, respectueux de ses spécificités et de ses ambitions. A.B


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