L’objectif est clair, ambitieux, presque vertigineux : réaliser effectivement 20.000 projets d’investissement avant la fin de l’année 2029. C’est autour de cette cible fixée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, que le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a articulé son discours dimanche à Alger, lors de la cérémonie d’installation du Conseil d’administration de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI). Un rendez-vous qui marque une nouvelle étape dans la longue marche de l’Algérie vers la modernisation de son économie et l’attractivité de son climat des affaires.
Devant plusieurs membres du gouvernement, des responsables institutionnels, le directeur général de l’AAPI Omar Rekkache, ainsi que des représentants des organisations patronales et des associations professionnelles, le Premier ministre a réaffirmé « l’engagement du gouvernement à poursuivre la réunion de toutes les conditions nécessaires pour garantir un service public qualitatif et efficace au profit des porteurs de projets d’investissement et à les accompagner de manière intégrée à toutes les étapes de la concrétisation de leurs projets ». Une promesse qui se veut concrète, mesurable, ancrée dans le terrain plutôt que dans les déclarations d’intention.
Pour Sifi Ghrieb, atteindre les 20.000 projets exige « la conjugaison des efforts de l’ensemble des acteurs ». Cet objectif, a-t-il souligné, reflète « la volonté de l’État d’opérer un saut qualitatif de l’économie nationale, de renforcer les fondements du développement durable et de créer de la richesse et des postes d’emploi ». Derrière les chiffres se profile en effet une ambition plus large : faire de l’investissement le moteur d’une économie longtemps dépendante des hydrocarbures et désormais résolument tournée vers la diversification.
L’installation de ce Conseil n’est pas un acte symbolique
Elle s’inscrit, selon le Premier ministre, dans le cadre du décret exécutif n°26-153 du 14 avril 2026, portant réorganisation de l’AAPI et renforcement de ses prérogatives. Un mécanisme institutionnel pensé pour « renforcer l’efficacité et l’efficience dans la gestion de l’Agence ». Mieux encore, cette installation coïncide avec une avancée que beaucoup attendaient : le lancement de l’opération d’installation des représentants des administrations et organismes publics au niveau des guichets uniques de l’investissement, désormais « munis de délégations de signature et de l’ensemble des prérogatives qui leur sont légalement conférées ». Concrètement, cela signifie que les décisions pourront être prises et les dossiers traités directement au niveau du guichet unique, constituant « une avancée majeure vers la simplification des procédures et la réduction des délais ».
Le choix de hisser la représentation au Conseil au rang de secrétaires généraux des ministères concernés n’est pas anodin. Il traduit, selon Ghrieb, « la volonté de l’État de doter l’Agence d’outils plus efficaces en matière de coordination et de prise de décision », notamment sur le terrain sensible de l’orientation du foncier économique, l’un des points de blocage historiques de l’investissement en Algérie. Cette nouvelle gouvernance repose sur une double vision : « proactive », consistant à identifier les investissements réellement réalisables avant même l’engagement des procédures, et « prospective », visant à orienter les capitaux vers les secteurs prioritaires pour l’économie nationale.
L’enjeu, in fine, est de canaliser l’effort d’investissement vers « les activités à forte valeur ajoutée et à impact direct sur le développement », à travers la création d’emplois et la réalisation d’un développement régional équilibré. Le Premier ministre a appelé le Conseil à jouer « un rôle central » dans la hiérarchisation des priorités et le renforcement de l’efficacité des politiques publiques. Constituant désormais « un cadre permanent de concertation, de coordination et de prise de décision », cette instance devra assurer une prise en charge rapide des dossiers nécessitant l’intervention simultanée de plusieurs secteurs.
Exhortant ses membres à œuvrer avec « les plus hauts niveaux de cohérence et d’efficacité » et à statuer « dans les délais appropriés », Sifi Ghrieb a exprimé sa confiance en leur capacité à s’acquitter de cette mission « à la hauteur de la confiance placée en eux par Monsieur le président de la République », contribuant ainsi à consolider le rôle de l’AAPI dans le soutien à l’économie nationale. Azzedine Belferag




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