Le président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), Sidi Ould Tah, a appelé, vendredi à Brazzaville, à un changement profond du modèle de financement du développement en Afrique, plaidant pour des projets à grande échelle capables de transformer localement les ressources du continent et de créer davantage de valeur ajoutée.
S’exprimant lors d’une conférence de presse tenue à l’occasion de la clôture des Assemblées annuelles de la BAD, M. Ould Tah a indiqué que l’Afrique ne pouvait plus continuer à dépendre de l’exportation des matières premières à l’état brut ni se limiter à de « petits projets » à impact réduit.
« Nous devons véritablement développer des projets à grande échelle qui aideront l’Afrique à apporter de la valeur ajoutée à ses ressources naturelles », a-t-il affirmé.
Citant l’abondance des richesses naturelles et le poids démographique du continent africain imposent, M. Ould Tah a plaidé pour un « changement de cap » dans l’approche du financement du développement, basé désormais sur des investissements structurants capables de soutenir l’industrialisation et la transformation locale des ressources africaines.
« Tant que nous ne valoriserons pas nos ressources naturelles, l’Afrique ne sera pas en mesure de vaincre la pauvreté », a soutenu M. Ould Tah, soulignant que la transformation industrielle locale constitue un levier essentiel pour créer des emplois et stimuler la croissance.
Dans ce cadre, le président de la BAD a expliqué que la mobilisation massive des capitaux privés et le renforcement des mécanismes africains d’atténuation des risques seront au cœur de la nouvelle stratégie de la Banque.
Il a indiqué que la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFA), soutenue par les gouverneurs de la BAD lors des Assemblées annuelles, vise précisément à mieux coordonner l’écosystème financier africain afin de financer des projets structurants à fort impact.
Selon lui, la décision la plus importante qui a été prise par le Conseil des gouverneurs, était la validation de la feuille de route de la présidence du Groupe de la BAD pour la mise en oeuvre des quatre points cardinaux de la nouvelle architecture financière africaine pour le développement ».
Cette architecture repose notamment sur une coopération renforcée entre les banques nationales de développement, les banques commerciales, les fonds de pension, les fonds de garantie, les banques centrales et les autres institutions financières africaines.
Le président de la BAD a, dans ce sens, insisté sur la nécessité de mobiliser l’épargne africaine au service du développement du continent. L’Afrique fait face à un déficit annuel de financement estimé à 400 milliards de dollars, alors que près de 4.000 milliards de dollars d’épargne restent insuffisamment orientés vers les investissements productifs.
Il a expliqué que les contraintes réglementaires et la forte perception du risque constituent les principaux obstacles à cette mobilisation.
Pour répondre à cette problématique, M. Ould Tah a annoncé le renforcement du rôle de l’Agence pour l’assurance du commerce en Afrique (ATIDI), chargée de développer des mécanismes de réduction des risques afin de sécuriser les investissements en Afrique.
Il a précisé que le conseil d’administration de la BAD avait décidé d’augmenter la participation de la Banque dans le capital de l’ATIDI afin d’en devenir le premier actionnaire et de renforcer les capacités de couverture des risques de l’agence.
Par ailleurs, le président de la BAD a assuré que l’institution poursuivra ses actions en faveur des petites et moyennes entreprises, de l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes. APS


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