Le tribunal de Bir Mourad Raïs a rendu lundi un verdict sévère dans l’affaire de profanation du drapeau national survenue lors d’une soirée privée organisée dans un hôtel de la capitale. Khamer Abderrahmane et Ablila El-Mehdi Sami ont été condamnés chacun à sept ans de prison ferme, assortis d’une amende de 500 000 dinars, avec mandat de dépôt immédiat à l’issue de l’audience. Les deux prévenus ont en outre été condamnés solidairement à verser au Trésor public une indemnisation de 20 millions de dinars en réparation du préjudice causé.
Les faits remontent à une soirée organisée à l’hôtel « The Legacy Hotel » dans la capitale. Khamer Abderrahmane, influenceur actif sur TikTok, avait mis en place une rencontre compétitive entre utilisateurs algériens de la plateforme. Pendant la phase de préparation de l’événement, Ablila El-Mehdi Sami avait disposé le drapeau national à même le sol du hall de l’établissement — le drapeau portant l’inscription « Vive l’Algérie, gloire et éternité aux martyrs vertueux ». Au début de la soirée, Khamer Abderrahmane s’est dirigé vers l’endroit où le drapeau avait été posé et l’a piétiné. La scène a été captée à la fois par les caméras de surveillance de l’hôtel et par les téléphones des personnes présentes.
Les images ont circulé rapidement sur les réseaux sociaux, suscitant une vague de réactions indignées. Le parquet de Bir Mourad Raïs a réagi sans délai. Dans un communiqué publié en application de l’article 19 du code de procédure pénale, la procureure a indiqué que « dès la diffusion de cette vidéo, des instructions strictes ont été données pour l’ouverture d’une enquête sur les faits et l’interpellation de tous les impliqués afin de les présenter devant nous dès la clôture de l’enquête ». L’enquête a été conduite par la brigade de lutte contre la cybercriminalité de la Sûreté nationale. Les deux mis en cause ont été auditionnés, présentés au parquet le jour même et renvoyés en jugement selon la procédure de comparution immédiate.
Lors des débats, le représentant du ministère public avait requis dix ans de prison ferme, qualifiant les faits d’« atteinte à la sacralité du drapeau national » et de mépris envers un symbole de souveraineté. Il a rappelé que le drapeau « représente l’histoire de l’Algérie et les sacrifices de ses martyrs, et que le respect de celui-ci est un devoir qui incombe à tous, individus comme institutions ». Le tribunal a finalement prononcé une peine de sept ans, en deçà des réquisitions du parquet, mais dans la fourchette haute de ce que prévoit la loi.
Les deux condamnés ont été poursuivis sur le fondement de l’article 160 bis du code pénal, qui dispose qu’« est puni de cinq à dix ans d’emprisonnement quiconque procède intentionnellement et publiquement à la destruction, la détérioration ou la profanation du drapeau national ». Cette disposition réprime tout acte — écrit, dessiné ou comportemental — portant atteinte à la sacralité et au symbolisme de l’emblème national.
La rapidité de l’enquête — menée en quelques heures par la brigade cybercriminalité — et la sévérité du verdict prononcé en comparution immédiate illustrent la réactivité des autorités face à ce type d’affaires. Malik Meziane



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