Le Président Tebboune exige de la transparence et la plus grande fermeté face aux pratiques frauduleuses : « La rupture est irréversible » !

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a présidé ce dimanche une réunion du Conseil des ministres consacrée à plusieurs dossiers stratégiques, dont la mise en service de la plateforme nationale des services numériques, le renforcement des moyens de lutte contre les incendies, le financement du projet de chemin de fer Laghouat-Ghardaïa-El Menia, ainsi que la création du Conseil supérieur de la communauté scientifique nationale à l’étranger et celle d’une Agence nationale des fouilles archéologiques.
Mais c’est sur le terrain de la transparence financière que le chef de l’État a livré son message le plus marquant.

Après l’exposé du Premier ministre sur l’activité gouvernementale des deux dernières semaines, le président Tebboune a tenu à saluer particulièrement les efforts du ministre des Finances et du gouverneur de la Banque d’Algérie, ainsi que l’ensemble des cadres et travailleurs du secteur financier, qui ont permis à l’Algérie de sortir de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI).
À cette occasion, le président de la République n’a pas mâché ses mots. Il a rappelé que « la réputation de l’Algérie avait considérablement souffert sur la scène internationale en raison des dérives financières et illégales qui ont prévalu avant 2019 », une formule qui vise sans détour les pratiques et la corruption qui a marqué l’ancien régime Bouteflika. Il a affirmé que cette décision du GAFI constitue « une reconnaissance internationale » de la rupture définitive de l’Algérie avec l’ère du blanchiment d’argent et des crimes liés aux mouvements de capitaux, une rupture qu’il a qualifiée d’ « irréversible ».
Le chef de l’État a ensuite donné des instructions fermes aux ministres des Finances et de la Justice pour agir avec la plus grande rigueur et fermeté pour empêcher tout dérapage dans les transactions financières à l’avenir, et garantir la transparence, notamment au regard de l’ensemble des réformes économiques, financières et judiciaires engagées par l’Algérie depuis son élection en 2019. Le président a inscrit cet engagement dans une volonté plus large de consolider la réputation de l’Algérie à l’international, sur tous les plans.
Concernant la plateforme nationale des services numériques, le président Tebboune a souligné que son entrée en service effective vise à améliorer la gestion, réduire les dépenses et renforcer l’efficacité dans la gestion des affaires de l’État comme du citoyen, dont elle facilitera davantage le quotidien, contribuant ainsi au bien-être général.
Le président a chargé la ministre déléguée chargée de la Numérisation de préparer la carte sociale nationale avant la prochaine rentrée sociale. Il a présenté cette mesure comme l’entrée de l’Algérie dans une nouvelle ère de justice sociale, dans le cadre d’une vision d’État moderne et fort, appuyée par un système numérique garant de la souveraineté et capable d’endiguer toutes les formes de fraude et de corruption. Un propos qui pourrait être interprété comme l’intention de préparer le terrain à un réforme des subvention et des transferts sociaux dans un objectif de rationalisation des dépenses et de viabilisation budgétaire tout en consolidant les mécanismes de justice sociale

La raffinerie de Hassi Messaoud sera connectée au rail

S’agissant du financement du premier tronçon de la ligne ferroviaire Laghouat-Ghardaïa-El Menia, le président de la République a ordonné d’accélérer le lancement des différents chantiers de ce projet stratégique aux retombées économiques multiples, en particulier sa capacité à générer une dynamique économique et de nouveaux emplois.
Il a par ailleurs instruit le raccordement de Hassi Messaoud à cette ligne, une mesure destinée à réduire les coûts et les distances de transport, et à augmenter les exportations algériennes issues de la production de la nouvelle raffinerie de Hassi Messaoud, dont la mise en service est imminente.

Un appel aux compétences algériennes établies à l’étranger

Le Conseil des ministres a entériné la création du Conseil supérieur de la communauté scientifique nationale à l’étranger, organe consultatif rattaché à la présidence de la République et doté de l’autonomie financière et administrative.
Le président Tebboune a lancé un appel à l’ensemble des Algériens issus de l’élite scientifique à travers le monde, les invitant à participer et à contribuer au projet de développement du pays pour rejoindre le rang des nations avancées, en mettant à profit leur expérience. Il a exprimé la fierté de la nation algérienne pour ses compétences établies de par le monde, s’engageant à leur ouvrir largement la voie afin qu’elles puissent contribuer, aux côtés de leurs homologues du pays, au développement de l’Algérie et à son accession au rang des pays avancés.
Sur le volet patrimonial, le président de la République a insisté sur la nécessité de redynamiser la recherche et l’exploration scientifiques pour les chercheurs algériens en archéologie, et de les libérer scientifiquement afin de sortir définitivement d’une logique limitée aux vestiges déjà découverts, en poursuivant les fouilles pour mettre au jour davantage de sites liés aux différentes époques de l’histoire humaine en Algérie.
Le Conseil des ministres a ainsi acté la création d’une Agence nationale des fouilles archéologiques, indépendante de toute tutelle hiérarchique et érigée en établissement à caractère commercial et industriel. Le président a ordonné que cette agence dispose de sa propre police, chargée spécifiquement de la protection et de la surveillance de tout ce qui relève du patrimoine archéologique, dans ses différentes catégories, compte tenu de ses missions de terrain liées à l’exploration et à la recherche. L’agence sera placée sous la tutelle directe de la présidence de la République.

Une coentreprise algéro-chinoise pour les ports

Avant de clore la réunion du Conseil des ministres, le président de la République a donné ses instructions pour la création d’une société algéro-chinoise spécialisée dans le nettoyage de l’ensemble des ports algériens, d’est en ouest. Cette mesure interviendra immédiatement après l’achèvement du projet d’extension du port d’Annaba, en prévision de son entrée dans la phase d’exportation du phosphate algérien vers l’étranger, une fois achevée la ligne ferroviaire minière reliant le gisement de Bled El Hadba à Oued Kebrit, jusqu’au port d’Annaba. Salim Amokrane

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