Baladna à Adrar : l’Algérie et le Qatar accélèrent la cadence pour un géant agricole au cœur du Sahara

Le ministre algérien de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El-Mahdi Oualid, a reçu mercredi à Alger Moutaz Al-Khayyat, président du Conseil d’administration du groupe qatari Power International Holding, dans le cadre d’une réunion consacrée au suivi du projet Baladna de production laitière dans la wilaya d’Adrar. La rencontre, qui s’est tenue en présence de l’ambassadeur du Qatar en Algérie, Abdulaziz Ali Al-Naama, ainsi que du président du Conseil d’administration de Baladna-Algérie, a permis de dresser un bilan de l’état d’avancement de ce chantier agricole d’envergure et de tracer les grandes lignes de sa feuille de route pour les prochaines phases.

Le projet Baladna, qui s’étend sur une superficie colossale de 117 000 hectares dans le grand Sud algérien, est conçu pour accueillir jusqu’à 270 000 têtes bovines, ce qui en fait l’un des plus grands complexes agricoles de la région. Fruit d’un partenariat économique algéro-qatari, il ambitionne de transformer en profondeur le paysage de la production laitière nationale. Selon le ministre Oualid, qui a partagé les détails de cette rencontre sur ses réseaux sociaux officiels, les discussions ont porté à la fois sur la cadence de réalisation de la première phase du projet et sur la définition d’un calendrier précis pour le lancement des phases suivantes, avec un accent particulier mis sur l’amélioration de l’efficacité opérationnelle et l’accélération de la mise en œuvre.

L’enjeu est de taille pour la sécurité alimentaire de l’Algérie. Le projet Baladna est en effet appelé à couvrir jusqu’à 50 % des besoins nationaux en poudre de lait, ce qui permettrait de réduire significativement la facture d’importation, un poste de dépenses considérable pour le pays. Au-delà de la filière laitière, le projet devrait également contribuer au renforcement de la production nationale de viandes rouges, participant ainsi à une stratégie globale de diversification et d’autosuffisance agricole.

Les discussions ont par ailleurs abordé les défis inhérents à un projet de cette dimension, notamment la question cruciale de la gestion durable des ressources naturelles. Dans un environnement saharien aux contraintes spécifiques, la maîtrise des ressources en eau et la préservation des sols constituent des conditions essentielles à la viabilité du projet sur le long terme. C’est pourquoi les deux parties ont insisté sur la nécessité d’intégrer les technologies les plus avancées dans la gestion des exploitations, afin de concilier performance productive et durabilité environnementale.

Au terme de cette réunion de travail, les deux parties ont convenu d’organiser dans les plus brefs délais une visite conjointe sur le site du projet à Adrar, afin de s’enquérir directement de l’état d’avancement des travaux et d’assurer un suivi rigoureux des différentes phases de réalisation. Une étape concrète qui témoigne de la volonté partagée de l’Algérie et du Qatar de mener ce projet stratégique à son terme et d’en faire un modèle de coopération agricole bilatérale au service du développement du continent africain. R.E

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