L’ombre de la Libye plane toujours sur Nicolas Sarkozy. En ce lundi 11 mai, la cour d’appel de Paris est devenue le théâtre du dernier acte d’une saga politico-judiciaire qui hante l’ancien président depuis des années. Le parquet général a débuté son réquisitoire, et le mot est tombé, lourd de sens : condamnation requise pour association de malfaiteurs.
« En projetant les atteintes à la confiance publique les plus graves, avec un niveau opérationnel inégalé, cette association de malfaiteurs se place dans le plus haut niveau de gravité que la République puisse connaître », a martelé l’avocat général Damien Brunet. Pour l’accusation, il ne s’agit pas d’une simple affaire de financement illégal, mais d’un « pacte de corruption » noué avec Mouammar Kadhafi pour financer la conquête de l’Élysée en 2007.
À la barre, l’ancien président, aujourd’hui âgé de 71 ans, a beau démentir, clamer que « pas un centime » d’argent libyen n’a été retrouvé, le doute s’est instillé, plus tenace que jamais. En première instance, il avait été condamné à cinq ans de prison ferme, une peine qui lui avait valu vingt jours derrière les barreaux avant sa libération sous contrôle judiciaire.
Le procès en appel a pris des allures de tragédie grecque, où les anciens alliés se déchirent. Nicolas Sarkozy a mis en cause la probité de son ancien bras droit, Claude Guéant, absent pour raisons de santé. Piqué au vif, ce dernier a riposté par courrier, contredisant son ancien mentor et fragilisant un peu plus une défense déjà sur le fil.
Ce lundi, le parquet a dépeint un homme, Nicolas Sarkozy, comme « l’instigateur de rencontres avec des dignitaires du régime libyen », un chef d’orchestre présumé d’une opération occulte. Le réquisitoire se poursuivra jusqu’à mercredi, jour où les peines seront réclamées. Mais pour l’ancien président, l’étau se resserre. Le fantôme de Kadhafi, qu’il avait combattu militairement en 2011, pourrait bien être celui qui scellera son destin judiciaire. R.I




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