À l’heure où les marchés énergétiques mondiaux se recomposent sous la double pression des tensions géopolitiques et de la transition climatique, l’Algérie abat une carte maîtresse. Les chiffres donnent le vertige : près de deux milliards de barils de pétrole en ressources, 8,63 milliards de mètres cubes de gaz, 239 millions de barils et 19 milliards de mètres cubes de gaz en réserves déjà découvertes. C’est sur ce trésor souterrain que l’Algérie fonde son deuxième appel à concurrence international — l’« Algeria Bid Round 2026 » —, officiellement lancé dimanche, proposant à l’industrie pétrolière mondiale sept blocs parmi les plus prometteurs du domaine minier national.
Un trésor souterrain sorti de l’ombre
C’est depuis le studio de la chaîne 3 de la Radio Algérienne que Samir Bakhti, président du Comité de direction d’Alnaft — l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures —, a choisi de dévoiler, lundi matin, l’architecture complète de l’opération. Dans l’émission « L’Invité du jour », le responsable a livré chiffres à l’appui les contours d’un dispositif qui se veut à la fois ambitieux, transparent et résolument tourné vers le long terme. « On cumule, pour l’ensemble des périmètres, environ 1,8 milliard de barils de ressources », a précisé Bakhti. À ce stock pétrolier s’ajoutent « 8,63 milliards de mètres cubes de gaz en ressources », auxquels viennent encore s’additionner « 239 millions de barils et 19 milliards de mètres cubes de gaz en réserves déjà découvertes ». Ces chiffres constituent, selon lui, « la base des offres proposées aux investisseurs pour élaborer leurs programmes d’exploration et de développement » — autrement dit, le plancher, et non le plafond, de ce que recèlent les gisements proposés.
Sept blocs, une géologie variée, un potentiel massif
Pour cette nouvelle édition, sept périmètres ont été sélectionnés avec soin : El Menzel, Ahara, Reggane II, Touggourt Sud, Berkine Est, Gourara et Illizi Ouest. Répartis sur plusieurs bassins sédimentaires du Sahara algérien, ces blocs couvrent des profils géologiques distincts, allant de l’exploration pure — là où tout reste à découvrir — à l’optimisation de gisements déjà identifiés. Une diversité qui, selon Bakhti, répond précisément aux stratégies différenciées des investisseurs potentiels : qu’ils soient à la recherche de risques élevés assortis de gains maximaux, ou d’actifs plus sûrs à valoriser rapidement. « L’appel à la concurrence, c’est Alnaft qui offre à l’industrie Oil and Gas mondiale et nationale des opportunités d’investir », a posé d’emblée le responsable, rappelant qu’une première édition avait été organisée en 2024, avec des résultats jugés encourageants.
Une mobilisation internationale qui ne se fait pas attendre
Pour 2026, le processus a été structuré autour d’une sélection rigoureuse issue d’un « Nomination Process » lancé dès la fin 2025, au cours duquel pas moins de 24 projets ont été présentés à l’industrie internationale. La réponse a été immédiate, et Bakhti ne cache pas sa satisfaction : « Le nombre de compagnies qui ont consulté a atteint les 70 », a-t-il révélé — une mobilisation qui témoigne de l’appétit retrouvé des opérateurs mondiaux pour le domaine minier algérien, et qui tranche avec la relative discrétion qui entourait jusqu’ici les appels d’offres nationaux dans ce secteur. Dans un contexte mondial où les majors comme les indépendants cherchent à sécuriser de nouveaux actifs, le sous-sol algérien apparaît comme une frontière encore largement ouverte, dotée d’une stabilité institutionnelle et d’un cadre contractuel que le pays s’emploie à rendre toujours plus lisible et attractif pour les investisseurs étrangers.R.E


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