Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, chef suprême des Forces armées et ministre de la Défense nationale, a reçu mardi à Alger une délégation américaine de haut niveau conduite par le secrétaire d’État adjoint des États-Unis, M. Christopher Landau, et le général Dagvin Anderson, commandant du Commandement des forces américaines pour l’Afrique (AFRICOM). Cette audience, dont les détails ont été révélés par un communiqué du ministère de la Défense nationale, s’inscrit dans le cadre du renforcement des consultations stratégiques bilatérales et a été marquée par des déclarations saluant le rôle prééminent de l’Algérie dans la stabilité régionale face aux défis sécuritaires contemporains.
Au cours de cette rencontre au palais présidentiel, les échanges ont porté sur la coopération militaire et les enjeux de sécurité dans la zone sahélo-saharienne et au-delà. C’est toutefois à l’issue d’une série d’entretiens avec les autorités militaires algériennes que le commandant d’AFRICOM a livré une analyse particulièrement élogieuse de la posture algérienne. Selon le communiqué officiel, le général Anderson a estimé que l’Algérie constituait « un rempart face à de multiples menaces », citant notamment la lutte contre le terrorisme, l’imbrication du trafic de drogue avec les réseaux de contrebande, la criminalité organisée transnationale ainsi que l’immigration clandestine qui menace de nombreux États de la région. Cette caractérisation de l’Algérie comme puissance stabilisatrice s’est concrétisée par une déclaration solennelle du général américain, rapportée par les services du ministère algérien de la Défense : « Nous apprécions que l’Algérie ait adopté une position très ferme et ait œuvré avec détermination pour constituer un rempart face à ces menaces », a-t-il affirmé, soulignant ainsi la reconnaissance par Washington de l’efficacité et de la constance de la stratégie sécuritaire algérienne dans un environnement régional marqué par l’instabilité.
La visite du commandant d’AFRICOM n’a pas été uniquement consacrée aux questions de sécurité opérationnelle. Elle a également été l’occasion de rappeler les fondements historiques de la relation algéro-américaine, à travers une référence symbolique aux valeurs partagées de lutte pour l’indépendance nationale. Le général Anderson a en effet conclu son propos par une évocation du 250e anniversaire de l’indépendance des États-Unis, déclarant : « Cette année marque le 250e anniversaire de l’indépendance des États-Unis en tant que nation souveraine. Nous partageons une histoire de lutte pour l’indépendance et la libération du colonialisme, ainsi que le renversement des puissances coloniales. Nous sommes très fiers que les États-Unis aient été parmi les premiers à reconnaître rapidement l’Algérie après son indépendance. » Ces propos, rapportés dans le communiqué officiel, mettent en lumière la volonté des deux pays de réactiver un partenariat fondé sur des principes communs de souveraineté et de résistance aux ingérences extérieures, tout en adaptant leur collaboration aux défis sécuritaires actuels.
Parallèlement à l’audience présidentielle, le général de corps d’armée Saïd Chanegriha, ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale et chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, a reçu en audience le même jour le général Dagvin Anderson au siège de l’état-major de l’ANP. Cette rencontre a permis d’examiner plus en détail les voies et moyens de renforcer la coopération militaire bilatérale, notamment dans les domaines de la formation, du renseignement et de la coordination des efforts de stabilisation dans la bande sahélienne. La présence conjointe du secrétaire d’État adjoint et du commandant militaire américain pour le continent africain témoigne de l’importance stratégique accordée par Washington à Alger comme interlocuteur privilégié sur les dossiers de sécurité régionale. Les échanges ont ainsi souligné la convergence des vues entre les deux pays sur la nécessité d’une approche globale et intégrée pour faire face aux menaces hybrides qui gangrènent la région, allant du terrorisme au trafic de stupéfiants et des migrations irrégulières. Cette séquence diplomatique et militaire intervient à un moment où l’Algérie consolide son rôle de médiateur et de force de frappe antiterroriste dans son environnement immédiat, affirmant sa posture de non-ingérence tout en développant des partenariats pragmatiques avec les grandes puissances, à commencer par les États-Unis, sur des dossiers où ses intérêts coïncident avec ceux de la communauté internationale. A.B



+ There are no comments
Add yours