Maroc : Le Makhzen inonde l’Europe de produits toxiques

Plusieurs alertes sanitaires enregistrées au sein de l’Union européenne concernant des produits agricoles importés du Maroc alimentent les inquiétudes sur la sécurité alimentaire et le respect des normes phytosanitaires. Des experts et organisations de surveillance appellent à un renforcement des contrôles, alors que de nouveaux signalements ont été recensés par le système européen d’alerte rapide pour les denrées alimentaires.

Les alertes sanitaires visant certains produits agricoles marocains se multiplient en Europe, ravivant les interrogations sur la conformité de ces marchandises aux normes de sécurité alimentaire en vigueur au sein de l’Union européenne. Selon l’expert et conseiller économique Abdelkader Slimani, les signalements répétés enregistrés ces dernières années traduisent une préoccupation croissante des autorités européennes face à la présence de substances jugées dangereuses dans certaines exportations agricoles marocaines. Dans une déclaration à l’APS, l’expert estime que les produits concernés représentent un risque potentiel pour les consommateurs et pour l’environnement, évoquant notamment la détection de résidus chimiques, dont du cadmium et d’autres substances classées comme préoccupantes par les autorités sanitaires. Pour M. Slimani, la succession des alertes émises par plusieurs pays européens depuis quatre ans reflète une mobilisation accrue des mécanismes de contrôle afin d’empêcher l’entrée sur le marché de produits ne répondant pas aux standards sanitaires européens.
Face à la multiplication des alertes du système d’alerte rapide (RASFF), le constat est sans appel. Tomates et poivrons en provenance du Maroc ont été interceptés à plusieurs reprises entre fin 2025 et 2026 par l’Espagne, les Pays-Bas, l’Allemagne et la France. Les raisons ? Des taux excessifs de cadmium, de chlorpyriphos, d’abamectine et même la découverte de résine de cannabis dissimulée dans des cargaisons de fruits. « Le Makhzen s’emploie à inonder le marché européen de substances toxiques », a tonné M. Slimani, soulignant que ces pratiques violent les conventions internationales. Cette offensive sanitaire s’accompagne d’une exploitation illégale. L’expert a rappelé que les engrais phosphatés, utilisés pour doper artificiellement les rendements, sont issus du pillage des mines du Sahara occidental occupé. Une violation flagrante du droit international qui lie, de fait, la sécurité alimentaire européenne à la poursuite de l’occupation sahraouie et à la spoliation de son peuple.
L’expert affirme également que ces développements interviennent dans un contexte de critiques récurrentes visant les pratiques commerciales du Makhzen. Il évoque notamment des accusations de contournement des règles de qualité et de sécurité ainsi que la question de l’exploitation des ressources du Sahara occidental occupé dans certaines filières de production destinées à l’exportation.

Des contrôles renforcés dans plusieurs pays européens

Les préoccupations ont été alimentées par une série d’alertes recensées par le Système d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF), plateforme de référence de la Commission européenne. Parmi les cas signalés figurent la détection de cadmium dans des tomates marocaines, la présence de particules métalliques ainsi que de résidus de pesticides dans des cargaisons de piments destinées au marché européen. L’Espagne, les Pays-Bas, l’Allemagne, la France, l’Italie et la Slovénie figurent parmi les pays ayant émis des notifications ou pris des mesures de contrôle concernant certains lots importés entre 2025 et 2026. La coupe semble pleine pour de nombreux acteurs européens. Après une baisse de 20 % des exportations marocaines au début de l’année 2026, signe d’une méfiance grandissante, des appels pressants se font entendre pour suspendre les accords commerciaux. Accusé d’utiliser son « lobby » et des pots-de-vin pour acheter les décideurs européens et contourner les normes, le régime du Makhzen fait face à la menace de lourdes sanctions juridictionnelles. Entre santé publique bafouée et concurrence déloyale, l’UE est sommée de mettre un terme à ces scandales alimentaires qui empoisonnent les assiettes.
Selon les données citées par l’APS, plusieurs substances ont été identifiées lors des inspections, notamment le chlorpyriphos, le chlorfénapyr, l’abamectine, l’avermectine B1a, le fénazaquin, le formétanate et le flonicamide. Certaines alertes ont conduit à des restrictions ou à des refus d’entrée sur le territoire européen. Dans ce contexte, des voix s’élèvent au sein de plusieurs secteurs agricoles et associatifs européens pour réclamer un renforcement des mécanismes de contrôle et une réévaluation des conditions d’accès de certains produits au marché européen. M. Slimani affirme que la multiplication des alertes a contribué à une baisse des exportations marocaines de produits agricoles et agroalimentaires vers l’Europe, citant une détérioration des échanges commerciaux au cours des premiers mois de 2026. L’expert estime enfin que les institutions européennes pourraient être amenées à examiner de nouvelles mesures si les préoccupations sanitaires persistent, alors que plusieurs organisations agricoles et de défense des consommateurs continuent d’appeler à une application stricte des normes de sécurité alimentaire dans les échanges avec les pays partenaires. Lyes Saïdi

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