L’Algérie aborde une séquence politique majeure avec la convergence de plusieurs événements qui dessinent les contours de la prochaine échéance électorale prévue le 2 juillet 2026. La publication au Journal officiel de la nouvelle loi organique sur les partis politiques, la clôture de la révision exceptionnelle des listes électorales et la mobilisation générale des formations politiques à travers le pays composent un tableau d’ensemble qui marque une étape décisive dans le processus démocratique national.
Un nouveau cadre juridique pour les partis politiques
La loi organique sur les partis politiques, fraîchement publiée au Journal officiel, pose les fondations d’un cadre renouvelé pour la vie partisane algérienne. Son article 4 affirme que « le parti politique agréé légalement exerce en liberté ses activités dans le cadre des dispositions constitutionnelles, du caractère démocratique et républicain de l’État ». Mais c’est l’article 5 qui trace les lignes rouges : tout parti est « tenu de respecter dans sa création, son fonctionnement et son activité les constantes de la Nation, notamment les valeurs et les composantes de l’identité nationale dans sa triple dimension : Islam, Arabité et Amazighité, l’histoire de la Nation et les valeurs de la Révolution du 1er novembre 1954 ». Les formations déjà agréées disposent de six mois pour se mettre en conformité, sous peine de dissolution judiciaire. Cette disposition aura des conséquences directes sur les prochaines législatives, l’ANIE ayant précisé que tout candidat appartenant à un parti en situation de non-conformité ne peut se présenter sous la bannière de ce même parti tant que sa situation n’est pas régularisée.
L’ANIE modernise et clarifie les règles du jeu
Sur le front électoral, la révision exceptionnelle des listes électorales, lancée le 12 avril dans 1 541 communes et au sein des représentations diplomatiques à l’étranger, s’est clôturée dimanche dans des conditions que le président par intérim de l’Autorité nationale indépendante des élections, Karim Khelfane, a qualifiées de satisfaisantes. L’ANIE a mis en avant sa démarche de numérisation, avec un portail de services électroniques permettant l’inscription, la radiation, la correction de données et le changement de domicile, ainsi qu’un centre de données centralisé pour le suivi en temps réel du processus. Parallèlement, le Conseil de l’ANIE a adopté à l’unanimité une clarification des règles de candidature, affirmant vouloir non pas « restreindre le droit de candidature garanti par la Constitution, mais clarifier les modalités d’exercice de ce droit dans le cadre du respect des principes constitutionnels ». Il a notamment précisé que tout élu dont le mandat a expiré peut se présenter sous la bannière d’un autre parti ou d’une liste indépendante, tandis qu’il est interdit de se porter candidat sous l’égide d’un parti non démissionnaire dont on exerce le mandat en cours.
Les partis en ordre de bataille
Sur le terrain, la mobilisation partisane bat son plein. Le FLN, parti historique, a tenu une réunion de coordination de ses mouhafadhas, au cours de laquelle son secrétaire général Abdelkrim Benmbarek a appelé ses militants à préparer « des listes alliant expérience, compétence et intégrité, tout en impliquant les jeunes et les femmes », soulignant que « la responsabilité des militants dans l’étape actuelle est importante pour poursuivre le processus de construction et de renouveau ». Il a rappelé que les prochaines législatives constituent « une étape importante pour renforcer la performance de l’institution parlementaire à travers la promulgation de lois accompagnant les mutations économiques et numériques ». Le FFS, de son côté, a tenu la session ordinaire de son Conseil national avant d’animer une rencontre à Tigzirt, dans la wilaya de Tizi Ouzou, où son premier secrétaire Youcef Aouchiche a affirmé que la participation du parti vise à « réhabiliter l’action politique en instaurant une pratique politique responsable et engagée » et à « rassembler les Algériens autour d’un véritable projet national ». Au RND, le secrétaire général Mounder Bouden a animé depuis Adrar une rencontre militante appelant à « une valorisation des acquis réalisés par un plein engagement dans le processus politique », tandis que le TAJ, réuni à Alger sous la présidence de Fatma Zohra Zerouati, a insisté sur la nécessité de présenter des candidats « ayant les capacités et les compétences nécessaires pour assumer la responsabilité au service de la patrie ». À Béchar, Louisa Hanoune du Parti des travailleurs a exhorté les jeunes à « s’engager davantage dans le processus électoral », qualifiant ces législatives de scrutin d’une « importance capitale pour relever tous les défis ». A.B



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