Exploitation du cuivre et du lithium : Alger recourt à l’expertise du géant chilien

L’exploitation du cuivre et du lithium a été au cœur d’une rencontre entre le ministre des Mines et l’ambassadeur du Chili à Alger.

Alger ambitionne de développer son industrie minière et des métaux critiques. Pour ce faire, elle entend profiter de l’expérience du Chili, première puissance mondiale minière pour le cuivre. Le ministre des Mines et de l’Industrie minière, Mourad Hanifi, a dans ce sens reçu mardi à Alger l’ambassadeur du Chili en Algérie, Juan Claudio Valenzuela, pour examiner les perspectives de coopération bilatérale dans le secteur minier. La rencontre, à laquelle a participé la secrétaire d’État Karima Bakir Tafer, a débouché sur une décision concrète : relancer la commission mixte de coopération minière et mettre en place un groupe de travail technique chargé d’identifier des projets opérationnels.
L’entretien a couvert un spectre large. Les deux parties ont évoqué l’échange d’expertises dans l’exploration et l’exploitation minières, avec un focus particulier sur le cuivre et le lithium, deux métaux dont la demande mondiale s’emballe sous l’effet de la transition énergétique. Les discussions ont également porté sur le développement de procédés d’extraction respectueux de l’environnement, la formation d’ingénieurs et de techniciens spécialisés, et le partage d’expériences sur les cadres réglementaires et législatifs du secteur.
Le choix du Chili comme interlocuteur n’est pas anodin. Santiago est l’un des premiers producteurs mondiaux de cuivre et détient des réserves parmi les plus importantes de lithium sur la planète. Pour l’Algérie, qui cherche à valoriser un sous-sol riche encore largement inexploré, s’appuyer sur l’expérience chilienne représente un raccourci utile. Mourad Hanifi a d’ailleurs présenté lors de la réunion la nouvelle stratégie sectorielle portée par le président de la République, visant à mobiliser les ressources minérales nationales au service de la diversification économique. Il a mis en avant les dispositions de la nouvelle législation minière, conçue pour attirer les investissements étrangers.
De son côté, l’ambassadeur chilien a salué « la dynamique de réformes engagée par l’Algérie », réaffirmant la volonté de son pays de « partager son expertise en tant qu’acteur majeur de l’industrie minière mondiale » et de « développer un partenariat mutuellement bénéfique avec l’Algérie », selon le communiqué du ministère.
La décision de relancer la commission mixte est le résultat tangible de cet entretien. Le groupe de travail technique issu de cette commission aura pour mission d’identifier des projets concrets et de préparer des visites bilatérales d’experts. C’est une étape classique dans ce type de coopération, mais elle engage les deux parties sur un calendrier.
Le dossier minier occupe une place croissante dans l’agenda économique nationale. L’Algérie dispose de gisements de phosphate, de zinc, de fer, d’or et de terres rares, mais leur exploitation reste en deçà de leur potentiel. La loi minière de 2022 a introduit des mécanismes d’incitation à l’investissement étranger, et plusieurs accords de partenariat ont été signés ou sont en négociation avec des pays africains, européens et asiatiques. La piste chilienne s’inscrit dans cette dynamique d’ouverture, avec en prime l’accès à un savoir-faire reconnu dans l’extraction de métaux critiques. Samira Ghrib

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